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Commencez "De l'origine", de Christian Lazo !

de l'origine, christian lazo, éditions l'arlésienne, éditeur, france, christian lazo, maison d'édition numérique, de l'origine, théDe l’origine : A cause d’une incertitude émotionnelle, Eva va devoir méditer et trouver l’origine de son problème sentimental. Ainsi, tout au long de la pièce,il sera possible de suivre l’introspection d’Eva. Or, celle-ci amènera le lecteur, ou le spectateur, à plonger dans l’histoire humaine, et même à entrer dans le monde des Dieux. On pourra alors assister à des dialogues entre des personnages qui ont marqué l’histoire, tels Shakespeare, Pythagore, Socrate,… Le tout est un mélange de poésie, de philosophie et d’humour.

« Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’Univers et les Dieux »

SOCRATE

(…)

LE CHEF DE LA GARDE

 Votre existence est terminée, misérables. Les Sans Culottes ne nous sont plus d’aucune utilité. Il est temps de restaurer la paix.

(Il lève un bras)

Feu !

(Les soldats tirent)

(On entend quelqu’un crier : NON !)

(Tout le camp adverse tombe à terre)

 (Les soldats fouillent les morts)

(Soudain, l’un d’eux s’écrie)

 

LE SOLDAT

 Capitaine Evans, venez voir, je crois qu’il est arrivé une chose terrible.

 

LE CAPITAINE EVANS

 Que se passe-t-il ?

 

LE SOLDAT

 Là, l’homme, je crains que ce soit votre fils.

 

LE CAPITAINE EVANS

 Quoi ?!

(Il se précipite dans sa direction)

Oh non, seigneur non, qu’ai-je fait ? Pas mon fils, Christophe, pourquoi te trouvais-tu ici ? Non, pas mon fils, pas mon fils !

(Il reste à pleurer en tenant le corps de son fils dans ses bras)

 (Les autres finissent de fouiller les corps et s’en vont)

(L’un d’eux revient. Il est habillé d’une soutane noire et porte une croix autour du cou, ainsi qu’une bible dans la main. Il ôte la veste du capitaine et lui met un béret sur la tête, puis il s’agenouille auprès de l’enfant)

 (Les corps de la Révolution française sont devenus ceux des guerres de Religion)

 

LE PRÊTRE

Que son âme aille en paix. Au nom du père, du fils et du Saint-Esprit, Amen. Pauvre garçon. Il n’est plus qu’une victime parmi d’autres.

 

L’HOMME

 Non, ce n’est pas vrai. C’est mon fils.

 

LE PRÊTRE

 Je suis désolé Christian, sa mort est une tragédie, comme toutes les autres morts depuis le début de la guerre, une guerre qui n’a pas lieu d’être.

 

CHRISTIAN

 Mais pourquoi mon fils, mon Père, pourquoi Dieu viendrait-il reprendre mon fils ? Pourquoi est-ce qu’il est absent tout à coup ?

 

LE PRÊTRE

 Je ne sais plus que croire, Christian. D’un côté je pense comme toi que Dieu n’a pas voulu intervenir dans ce conflit. Et pourtant, quelque chose me souffle qu’il n’a jamais été aussi présent.

 

CHRISTIAN

 Comment pouvez-vous dire une telle chose ?

 

LE PRÊTRE

 Quel droit avons-nous de prétendre être la seule religion à vénérer notre Dieu de la seule manière juste ? Au fond, je crois qu’il était inéluctable que cela arrive. Il est juste que les protestants se révoltent contre nous. Aujourd’hui, Dieu nous fait bien comprendre que notre domination n’a fait qu’éloigner l’humanité de sa voie.

 

CHRISTIAN

 Mais n’a-t-il aucune compassion ? Mon fils était trop jeune pour mourir ainsi.

 

LE PRÊTRE

 Tout le monde est trop jeune pour mourir Christian, tout le monde est trop jeune pour mourir.

(Il s’en va lentement)

(Christian continue de serrer son fils contre lui)

 (Une femme arrive à ses côtés et lui pose une main sur l’épaule)

 

LA FEMME

 Viens Christian. Ne restons pas au milieu de ce charnier. Allons donner à ton fils une sépulture digne de lui.

(Christian se lève péniblement et suit la femme, son fils dans les bras)

(Ils disparaissent)

 (Deux hommes arrivent précipitamment par le côté opposé)

(Désormais, les corps sont devenus ceux de la guerre de Cent Ans)

 

L’UN D’EUX

 Ah ! Les fumiers d’anglais, regarde ce qu’ils ont fait ! Ils les ont tous eus jusqu’au dernier ! Ces barbares n’ont vraiment aucune pitié.

(Les deux se penchent sur les cadavres et les fouillent)

 

L’AUTRE

 Ouais, tu as raison. Mais bon, il faut leur en être reconnaissant, sans eux nous ne serions pas aussi fortunés que maintenant.

(Il ricane)

 

L’AUTRE

 Ça, c’est vrai, pour sûr.

(Ils ricanent tous les deux)

 

L’AUTRE

 Merde, barrons-nous de là, j’entends des pas qui approchent.

(Ils s’en vont vite fait)

 (Un attroupement s’avance)

(L’homme qui dirige l’assemblée est un évêque du Moyen Âge)

 

UN HOMME

 Monseigneur Martin, il semble que ce soit la peste qui ait emporté ces malheureux.

(Les autres retirent les corps)

 

L’ÉVÊQUE

 La justice de Dieu s’est ainsi manifestée. Ces païens méritent ce qu’ils ont subi. Ils ont refusé leur conversion à la religion qui vénère le véritable Dieu. J’ai pourtant tout fait pour leur faire entendre raison. Leur entêtement les a poussés à leur perte. Ainsi soit-il. In nomine patri et fili et spiritus sancti.

 

UN HOMME

 Monseigneur, qu’allons-nous faire, maintenant que les hérétiques ne sont plus ?

 

L’ÉVÊQUE

 Nous allons bâtir des églises pour répandre le message du Christ, et ainsi évangéliser les populations récalcitrantes.

 

L’HOMME

 Comment devons-nous procéder, maître ?

 

L’ÉVÊQUE

 Détruisez les lieux de cultes païens. Nous devons leur faire oublier leurs anciennes croyances obsolètes et ridicules. Puisqu’ils ne veulent rien entendre d’eux-mêmes, nous allons leur imposer le culte chrétien. Construisez donc les églises sur les sites païens qu’ils vénèrent si aveuglément, ces mégalithes et autres tumulus, ils seront bien obligés de changer de religion. Construisez-les, là où la population se rassemble naturellement, que ce soit dans un champ ou sur des thermes romains. Assurons notre omniprésence. Nous sommes les porteurs de la parole de Dieu.

(Une femme surgit et court sur l’évêque, un poignard à la main)

 

LA FEMME

 Meurs infâme tyran !

(L’escorte de l’évêque l’intercepte, la gifle et la jette à terre)

 

UN HOMME

 Comment oses-tu, femme ? Te rends-tu compte de ton geste, vile sorcière ? Assassiner notre évêque Martin serait un outrage à Dieu lui-même.

 

UN AUTRE HOMME

 Monseigneur, voulez-vous que je l’exécute immédiatement ?

 

MARTIN

 Allons, allons, je ne suis pas mort, il n’y a pas lieu de prendre de telles mesures. Voyons, comment t’appelles-tu mon enfant ?

 

LA FEMME

 Va te faire foutre, espèce d’ordure !

(Elle se précipite à nouveau sur lui)

(De nouveau, elle se fait intercepter par les serviteurs de l’évêque, qui cette fois-ci la maintiennent en étau)

 

MARTIN

 Tu t’obstines dans ta démence.

 

LA FEMME

 Ça suffit ! Tais-toi espèce de fumier !

 

MARTIN

 (Levant son bâton)

Si tu ne t’arrêtes pas maintenant, je me verrais contraint d’exorciser cette folie qui t’habite. C’est Satan qui contrôle ta main, tu n’es pas maîtresse de toi-même. Réponds à mes questions et tout ira bien.

 (La femme capitule)

Bien, alors comment t’appelles-tu mon enfant ?

 

LA FEMME

Je m’appelle Ygerne et je ne suis pas ton enfant. Je suis l’enfant de cette terre et c’est tout. Tu peux m’appeler comme tu veux pauvre idiot, nous nous réunissons tous dans la mort, où nulle distinction hiérarchique n’est faite. Mais, c’est vrai, suis-je bête, vous autres chrétiens ne peuvent comprendre cela, votre Dieu doit être craint et obéi, et cela légitime que vous-mêmes, ses « représentants », bien que vous ne le connaissiez pas mieux que n’importe lequel de vos fidèles, soyez craints et obéis. Remarquez, c’est très habile de votre part. Si habile, même, que vous soyez vous-mêmes persuadés en votre for intérieur de suivre la voie de Dieu. Mes pauvres, vous ne faites finalement partie que de ces âmes égarées qui rejettent leur peur du monde et de la remise en question de votre existence sur autrui en imposant leur vision étroite de la vie. En tant que prêtresse de mon village, je me suis intéressée à votre religion. J’ai compris que vous n’avez rien à voir avec l’être qui en fait le fondement malgré lui. Vous n’êtes finalement que les victimes de vous-mêmes, votre christ doit avoir pitié de vous. Il doit même regretter d’avoir parlé, étant donné l’usage que l’on fait de ses mots…

 

MARTIN

 Il suffit, femme païenne, je t’interdis d’insulter le seigneur Jésus Christ notre Sauveur !

 

YGERNE

 N’avez-vous rien écouté de ce que je viens de vous dire ? C’est vous qui l’insultez en prétendant vouloir répandre sa parole par la force.

 

MARTIN

 Sa parole doit être communiquée à tous pour le bien de l’humanité. C’est la raison de notre existence. Tu peux proférer de vaines hérésies, ta parole est nulle, car tu ne connais pas la profondeur du message de Dieu que son Fils nous a transmis. Nous les évêques, avons pour mission de guérir les égarés, quitte à employer la force, comme tu le dis, parce qu’il en est ainsi.

 

YGERNE

Eh bien allez-y donc, pauvres naïfs que vous êtes. Essayez d’endoctriner des peuples ! Votre issue sera l’échec. Petit à petit, vous perdrez de votre crédibilité. Quand les hommes se rendront compte de vos méfaits, on reconnaîtra votre faiblesse et on rira de vous, à tel point que le message intrinsèque de votre institution sera oublié. Le seul avenir qui vous tend la main est celui de la violence, du désespoir et de la crainte. Votre échec sera d’autant plus cuisant que les religions dont vous vous vanterez l’extermination resurgiront, annihilant ainsi votre histoire dégénérée.

(Martin s’approche d’elle)

 

MARTIN

 Mais tu ne seras plus de ce monde lorsque ta prédiction ridicule s’accomplira. D’ailleurs, il se peut que tu rejoignes le royaume de Dieu dans très peu de temps.

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de l'origine, christian lazoLa personnalité de Christian Lazo se situe à mi-chemin entre Socrate et Pélinor, le père de Perceval (pour ceux qui ne connaissent pas, visionnez le Livre VI de Kaamelott, notamment le passage où il explique qu’il n’est parvenu à déglutir qu’à l’âge de 31 ans et que les mots comme « zizette » le font toujours rire).
Attiré par la poésie, la sagesse orientale et les Mystères de l’humanité, il n’en reste pas moins capable de réciter des dialogues entiers de Kaamelott et est un profond admirateur de Terry Pratchett.

Cliquez ici pour découvrir sa bibliographie (et bien plus encore !)

2 Comments

  1. A vue de nez

    Chouette une pièce de théâtre chez l’Arlésienne ! Comme dit dans un précédent article j’adore le théâtre et plus encore lire une pièce, y mettre le ton et même me lancer à jouer la pièce dans mon salon (sous les regards pseudo-médusés de mes deux chiens).

    En mettant le nez dedans

    Conflit entre consciences de la belle Eva, oui je l’imagine belle notre Eva, j’ai le droit d’abord ! A savoir, décider entre son ex et son petit ami actuel. Qu’elle a rencontré par le biais de son ex faut le dire. Tu me suis toujours ?

    Comme un rêve, le récit évolue dans différentes époques où les plus grands philosophes ont eu à répondre à ce dilemme. Choisir, oui mais à quel prix ? Je suis une grande indécise qui ne se jette à l’eau que quand il n’y a plus d’autres choix. Les mots de Christian Lazo me touchent d’autant plus que j’adore ce côté spirituel, digne d’un Eric Emmanuel Schmitt.

    Très bonne lecture que je conseille vivement. Rapide et facile à lire. Mention spéciale à la couverture qui m’évoque la liberté et le lâcher prise…

    Mes notes

    Ecriture : 9 Histoire : 9 Note finale : 18/20

    Un conseil ?

    Je ne vais pas hésiter à le relire, alors faites pareil. Achetez et lisez le car il vaut vraiment le coup !

    J'aime

  2. C’est avec plaisir que j’ai découvert une pièce de théâtre, une forme littéraire qui change agréablement. Je n’ai pas regretté une seule fois cette lecture : de l’origine est l’une des œuvres de L’Arlésienne que je préfère. Voici les quelques raisons qui font que cette œuvre est un véritable bijou littéraire.
    Le cœur d’Eva balance entre son petit ami et Christian, son ex. Mais ce qui apparaît comme une histoire banale est loin de l’être. Ainsi, Christian Lazo nous propose une véritable introspection passant à travers toutes les époques de l’histoire.
    Le récit est passionnant et a l’énergie du théâtre. Nous plongeons au coeur d’une réflexion sur la vie écrite avec talent.
    N’hésitez plus pour cette œuvre commune à aucune autre.

    J'aime

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