jonathan itier un domestique l'arlésienne maison d'édition livres numériques

L’interview de Jonathan Itier par Boulimique des livres

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Photographie de Stephen Sautet – Must Be Real

(Interview réalisée par Boulimique des livres… il y a déjà un certain moment. Un grand merci à elle !)

Pouvez-vous vous présenter pour les lecteurs/lectrices qui ne vous connaissent pas ?

Je suis un jeune auteur de trente ans. Pour vivre, je donne des cours particuliers à domicile, mais également au sein d’un établissement classé zone d’éducation prioritaire : j’interviens sur la littérature, la philosophie, l’histoire ainsi que les sciences économiques et sociales.

Vous êtes auteur aux éditions l’Arlésienne, nous avons pu découvrir votre plume avec la nouvelle Un domestique. Pouvez-vous nous parler un peu de vos écrits ?

Un domestique est ma première nouvelle publiée : elle s’inscrit dans la thématique des rapports compliqués entre les élites et les peuples. Elle ouvre sur un autre récit à venir, qui exploite à peu près la même veine. Si la question de la « servitude volontaire » n’est pas vraiment inédite (comment pouvons-nous nous écraser unanimement devant un seul despote ?), continuer de la poser reste évidemment nécessaire, impératif, actuel. Mes écrits ne sont pas spécialement « polar », mais j’apprécie les ressources de constructions narratives de ce genre. Plus généralement, la fiction de type « réaliste » est une bonne condition préalable à la pensée critique : elle « élève le niveau ». C’est la voie que je choisis pour le moment.

Quel est l’élément déclencheur qui vous a donné envie de commencer à écrire ?

D’abord par goût de la lecture, ensuite par mimétisme, enfin pour rivaliser avec mes modèles littéraires (à ce propos j’en profite pour rendre un petit hommage à l’anthropologue René Girard, mort il y a quelques jours) !
Si un de vos écrits devait être adapté au cinéma, lequel choisiriez-vous et quel casting envisageriez-vous ?

C’est une drôle de question à laquelle il m’est difficile de répondre. Avec le cinéma nous sommes en régime de réception passive… Je profite d’ailleurs de cet espace pour poser aux lecteurs et aux éditeurs une autre question, qui découle un peu de la vôtre : la circulation incessante entre cinéma et littérature ne risque-t-elle pas d’amoindrir leur portée esthétique/thématique respective ? Combien de livres feuilletés avec ce sentiment bizarre de faire l’expérience d’un scénario augmenté ? Combien de films « conceptuels » rebutants qui auraient mieux fait, à la rigueur, d’être développés par l’écrit ? Je connais des auteurs qui, pour écrire, se contentent d’imaginer leur film idéal : leur écriture n’est qu’une simple juxtaposition. À la lecture ça se voit, et c’est souvent assez mauvais !

Écoutez-vous une musique particulière quand vous écrivez ?

Non, pas spécialement.

Pouvez-vous me décrire votre espace de travail quand vous écrivez ?

C’est un bureau type, sans grand intérêt. J’écrivais aussi dans d’autres endroits, mais mon portable est tombé en panne : ô joies des licences du pack office et de l’obsolescence programmée !

Quels sont vos prochains projets littéraires ?

Je prépare un récit sur le monde de l’éducation : il y sera question d’un professeur de français désabusé, d’une secte, de deux jumelles italo-iraniennes et de Blaise Pascal. À paraître chez l’Arlésienne, ma nouvelle La passion de Miguel Ortiz, l’histoire d’un communiste, d’un catholique et d’une prostituée sous Franco…

Pouvez-vous me donner le titre du livre qui vous a le plus marqué ?

Sexus d’Henry Miller.

Quel est le dernier livre que vous avez lu ?

Hell’s Angels de Hunter S. Thompson.

Souhaitez-vous dire quelques mots à vos lecteurs/lectrices ?

Merci à ceux et celles qui m’ont lu et qui, je l’espère, me suivront encore après. C’est une vraie piqûre de courage ! À bientôt !


Je suis né dans une clinique de la banlieue parisienne. Tout comme les adultes adorent en inventer, les enfants adorent les écouter pour s’aduler, se combattre, voter, s’impliquer, simplifier… Les histoires sont ma petite contribution à l’effort collectif de vie. Si tout ce qui est humain se condamne –et c’est peut-être la faute à son essence même- à régner ou à servir, la littérature est ce geste d’amitié salubre dans le désastre, de la main de l’un à l’épaule de l’autre ; pour le lecteur et l’auteur, c’est donc la consolation d’être entendu, mais de loin en loin, parce que la pudeur nous oblige.

Cliquez ici pour découvrir sa bibliographie (et bien plus encore !)

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