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Violently Happy ?, de Rémy Carras : avant-propos (Extrait en ligne)

l'arlésienne, maison d'édition, violently happy, rémy carras, islande, récit de voyage, island, road-trip, voyage, aventure, livres, ebooks, livres à lireEn 2012, Rémy Carras s’envole pour un road trip à l’ancienne en Islande. Véritable baroudeur à l’âme journalistique, ce jeune auteur nous décrit un pays aux visages multiples. Reykjavík, la capitale, qui cherche à offrir le maximum de loisirs à l’occidentale. Les petits ports de pêche dévastés par le silence et le chômage. La lande, volcanique, avec ses paysages uniques et profondément spirituels.
Car Violently Happy ?, c’est également le récit d’une âme. Comme l’écrit Rémy Carras, « je me suis raconté ». Il raconte aussi les autres, étrangers, Français ou Islandais. Et l’Autre, incarné par Marla. La belle, douce et naïve Marla. Deux grands yeux verts plus attrayants que tous les paysages d’Islande.
Violently Happy ? est bien plus qu’un récit de voyage. C’est l’expression d’une âme romantique, drôle et aventureuse, dans laquelle chaque voyageur se reconnaîtra.

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Avant-propos

« Mon vieil ami ! Mon meilleur ami, même ! Tu es de retour ! Cela faisait si longtemps que nous ne nous étions pas vus que les retrouvailles n’en sont que meilleures. Tu as un peu changé, mais le temps n’a aucune prise sur toi, je te reconnaîtrai toujours… »

Tu passes tes bras autour des miens, je te soulève, pour ce qui constitue l’une des plus franches accolades que nous puissions partager. Et, enfin, le grand moment, tant attendu, tant espéré, peut-être même tant redouté : arriverons-nous à nous supporter et cohabiter comme auparavant ?

« Le temps nous livrera ses réponses, camarade… Nous partons ! »

 

Enfin sur les routes, mon sac à dos et moi. Seuls. Ensemble. Et de nouveau, l’exploration de possibles, d’autres, de destinations souhaitées, imaginées, mythifiées, qu’il convient comme à chaque fois d’éprouver.

Tandis que la mère patrie doit décider de son avenir maintenant, au terme d’une campagne qui jamais ne décolla, soulignant l’évolution dramatique du politique au profit du tout communicationnel dans lequel il convient non plus de voter pour des idées – quand elles existent –, mais des trombines, je m’en vais pour ma part chez la Reine des révolutions du XXIe siècle, là où tout a commencé. Quand l’autoproclamée et égocentrique Nation de la démocratie se débat dans des travers oligarques, népotiques, fruits du pantouflage et du copinage, on apprend dans un encart du Monde Diplomatique daté d’avril 2012 que la Haute Cour de justice islandaise procédait, pour la première fois de son histoire, à l’audition de Geir Haarde, ancien premier ministre. L’objectif ? Juger de sa responsabilité dans la crise financière qui secoua le pays en octobre 2008 ! Il était alors le seul dirigeant politique au monde qui faisait l’objet de poursuites criminelles pour pareil motif. Pour sa négligence face aux dangers menaçant l’économie locale et les finances publiques – dangers qu’il devait ou aurait du connaître – Haarde encourait une peine de deux ans de prison. Un symbole parmi tant d’autres, à l’instar des poursuites contre certains banquiers, le débat sur l’entrée ou non dans l’U.E. ou encore la modification de la constitution.

Le mois suivant, le même canard nous relatait le second rejet consécutif, par référendum, du solde de la faillite de la banque Icesave… En d’autres termes, les Islandais refusaient, démocratiquement, de payer une dette qui n’était pas la leur. Ce nouveau vote était la conséquence d’une attitude jugée trop frondeuse par la commission européenne, qui saisit la cour de l’Association Européenne de Libre-Échange (AELE) après avoir constaté que les autorités islandaises avaient violé leur règlement en refusant de rembourser aux déposants anglais et néerlandais leur assurance de dépôt minimum lorsque Landsbanki, maison mère de la banque Icesave, s’effondra en 2008.

 

Entre mythes, représentations et réalités, il convient enfin d’éprouver l’Islande, dont ma méconnaissance absolue se dispute à des bribes de savoirs « inutiles », glanés rapidement dans l’avion me menant de Paris à Reykjavík (grâce à un présent datant de l’été dernier – déjà – de Caroline et Nary, couple modèle et amis qui me sont chers) autant que d’une culture plus ou moins générale. L’Islande serait donc pêle-mêle une île coincée entre Europe et Amérique, aux origines vikings, dont la population se concentre sur les côtes, pour la majorité dans la capitale. L’eau y est la plus pure du monde et est la source (mouais, c’était facile…) de la production énergétique d’un pays qui subvient plus qu’à ses propres besoins. La civilisation tente de se faire une place aux côtés de paysages grandiloquents, ce qui constitue probablement l’inspiration de nombreux artistes à la musique si aérienne, à part, identifiable bien qu’innommable, où Bjork et le groupe Sigur Ros se taillent la part du lion dans les consciences internationales.

Autre ambassadeur de luxe pour cette île dont l’activité principale demeure la pêche malgré la croissance forcenée du tourisme : Eidur Gudjonsen, joueur de football ayant permis à Chelsea, par la grâce d’un but marqué en fin de championnat, de se qualifier pour sa première Champions’ League et de rentrer dans une nouvelle dimension sous l’égide d’un oligarque russe ne sachant pas quoi foutre de ses pétrodollars. Il partira ensuite au Barça pour tenir efficacement un rôle de joker de luxe lui permettant de glaner le trophée européen susnommé pour finalement échouer à Monaco où il fut un bide pathétique, à Bolton et selon les dernières rumeurs à l’AEK Athènes. Il n’en demeure pas moins vrai que, tout Gudjonsen qu’il soit, le sport national demeure le handball.

Les petites pépées, si j’en crois les divers récits glanés malgré moi par une belle brochette de queutards dégueulasses, seraient somptueuses et peu farouches, succombant aisément aux « charmes » étrangers, surtout pour des quickiesavec des inconnus sur le départ qu’elles ne reverront jamais – une pratique à laquelle elles ne peuvent s’adonner avec les locaux, chacun se connaissant plus ou moins tant la taille des villes est limitée. Je demande donc à voir ces indigènes qui n’ont rien à envier aux paysages magnifiques de leur contrée : montagnes, glaciers, fjords, geysers, sources d’eau chaude, cascades, volcans, aurores boréales…, autant d’atouts de charme pour les voyeurs, l’eau à la bouche et la main dans le falesard à la seule évocation de ces mots.

L’on se souvient aussi de ce volcan au nom imprononçable pour le commun des mortels qui bloqua la circulation aérienne des semaines durant en 2010, prémices d’une attitude consistant à tous nous envoyer nous faire foutre !

Enfin, un peuple fier qui devrait être, si les médias se rappelaient qu’ils sont le Quatrième Pouvoir plutôt que le prolongement de la voix officielle, la référence dans les mutations internationales actuelles et les élans démocratiques sporadiques qui émaillent le planisphère ici ou là. Après avoir été le laboratoire du FMI et de l’ultralibéralisme au début du siècle, c’est une Nation au bord de la banqueroute – 150.000 € par habitant pour compenser les pertes du conglomérat Icesave, conséquence de la spéculation de fonds de pension néerlandais et anglais – qui refusa par deux référendums consécutifs de payer pour une crise qui n’est pas la leur. En sus, la nomination d’une nouvelle assemblée constituante, dont les fruits du travail sont pour bientôt. Les vieux partis traditionnels sont tombés, un ancien comique qui avait créé un parti pour la poilade a été élu maire de la capitale… Peut-être les Islandais se rappellent-ils que la mère des démocraties a un drapeau tricolore, teinté de bleu, de blanc et de rouge, mais que cette composition représente en fait une croix, commune aux pays scandinaves : le premier parlement national de l’Histoire, l’Alfling, rassemblant tous les chefs de clans du pays ainsi que les citoyens désireux d’y assister, fut créé en 930, pour ne disparaître qu’en 1798. Le président y était élu pour un mandat de trois ans.

Le modèle, c’est eux !

 

Voici tout ce que je sais de l’Islande avant de partir. C’est tant et peu à la fois. Surtout, ce n’est pas assez ! J’y vais donc, et je saurai…

Des paysages, des rencontres, des galères, des sourires… et même un peu de romances sentimentales pour vous mesdames, à défaut de cul pour vous messieurs : l’autocensure est implacable. Et pour mettre un terme dès maintenant à cette digression misogyne scandaleuse dans laquelle je refuse de m’enfoncer plus que de raison, je ne gratterai plus qu’une petite dizaine de mots.

 

L’Islande est une saga ! Je me conte. Je vous raconte.

 

 

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l'arlésienne, maison d'édition, violently happy, rémy carras, islande, récit de voyage, island, road-trip, voyage, aventure, livres, ebooksTitulaire d’un Master 2 en Histoire des Religions et d’un Master 2 en Stratégie du Développement Culturel, Rémy Carras travaille depuis plusieurs années en région parisienne en qualité de responsable production et programmateur d’événements culturels. Si la musique est essentielle dans son parcours professionnel, la littérature tient une place de choix dans ce qu’il convient d’appeler « l’à-côté ». D’un chemin tortueux le menant de Lyon à la capitale, en passant par Londres, Buenos Aires et la Nouvelle-Orléans, il tente de capter le quotidien et d’offrir quelques tranches de vie saignantes en développant un style oscillant entre Gonzo et autobiographie fictive.

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5 Comments

  1. Book Addict (lectrice pour l'Arlésienne)

    Rémy Carras propose ici le récit d’un voyage en Islande de neuf jours raconté sous la forme d’un journal de bord. Le personnage nous emporte dans sa vie islandaise rythmée par les lieux qu’il visite et ses rencontres, qu’elles soient amicales ou sentimentales. Il part pour un pays qui l’intrigue, seulement accompagné de son sac à dos. Il souhaite s’y ressourcer et peut-être s’affranchir de la routine du quotidien : il est en quête d’ailleurs. Au cours de ce « road-trip », il mène une vie très intense comme un condensé de ce que le pays peut offrir. Il visite une multitude de lieux, fait des centaines de kilomètres en stop, rencontre plusieurs femmes dont une qu’il veut absolument conquérir. Malgré quelques longueurs, le récit n’est pas alourdi par des descriptions trop longues. L’œuvre est très réaliste : l’auteur donne une description précise du pays en préface et l’écriture nous permet de nous représenter les lieux. Les réflexions du personnage et son langage parfois cru donnent l’impression d’être dans sa tête et de l’accompagner dans son voyage. Grâce à ce récit, vous pouvez à tout moment découvrir L’Islande à prix réduit…

  2. Virginie (lectrice pour l'Arlésienne)

    Ce récit de voyage vous emmènera en Islande. Le narrateur voyage en mode roots sans plan précis, en traînant ses basques d’auberge de jeunesse en gîte, de bar en auberge, et de femme en femme. En 9 jours et demi, le périple nous fait traverser de nombreuses villes en « vik », croiser des pêcheurs et visiter des villes villages abandonnés à leur sort. La jolie Marla et les volcans seront au rendez-vous, tout comme le sauna traditionnel. L’auteur boucle la boucle de son voyage en revenant à son point de départ, une histoire de fesses en plus dans son sac à dos. Si vous espérez un guide style lonely planet : passez votre chemin ! Si vous voulez vous régaler avec un humour rempli de cynisme et un texte où les descriptions des touristes basiques sont à hurler de rire : foncez ! L’auteur nous emmène dans son univers féroce où il vaut mieux être son compagnon de voyage qu’un touriste lambda. Belle découverte et lengi lifid !

  3. Mel (lectrice pour l'Arlésienne)

    Merci à l’Arlesienne pour nous avoir partagé ce récit de voyage !

    Avis aux amateurs de voyage, Rémy Carras nous dévoile son aventure d’homme solitaire bravant les terres d’Islande. Le résumé raconte assez bien ce que vous allez découvrir tout le long de cette aventure. Nous allons d’abord rentrer dans les pensées de ce jeune homme qui est assez attachant. A la fois posé et réfléchi pour ensuite être nerveux et imprévisible. C’est un homme qu’on arrive facilement à apprécier tout ay long de notre lecture. Très vite on tombera sous le charme de Marla, cette jeune femme qui le captivera dès le premier regard. Cette Marla pour qui il rentrera dans un petit tourment intérieur et qui dévoilera certains côtés affectifs de notre ami. Mais que serait ce récit sans les très beaux paysages décrits, dont on ressent facilement les sentiments retranscrits. Personnellement je n’ai jamais mis les pieds en Islande, mais à travers Rémy j’ai pu y voyager, rencontrer ses habitants et ses touristes. On est emporté par son envie de solitude pour braver ce paysage, par ces nouvelles rencontres et ce mystère au détour d’une rue.

    Je dirais que ce roman est fait pour vous qui êtes amoureux d’aventures et de voyages, de nouvelles découvertes et de sentiments. Alors merci à Rémy Carras de m’avoir fait voyager à travers son histoire.

  4. Benjamin (Critique Babelio)

    Le récit de voyage serait-il un récit de soi ? Récit de soi avant d’être un récit de voyage, Violently Happy ? de Rémy Carras ne pourrait être que l’écrit supplémentaire d’un bourlingueur du dimanche, qui plus est Français donc râleur par défaut, jamais content et ne voulant surtout pas croiser d’autres personnes de l’Hexagone, et ce, pour mieux échapper au quotidien, mais au fond aussi parce que ces derniers composent bien souvent les pires touristes et leur présence se fait notre reflet. Je dis bien « ne pourrait être », car Violently Happy ? est un miroir dans lequel on peut se reconnaître, une plume crue qui n’en est que plus touchante de sincérité. Perdu sur les chemins islandais, l’auteur s’interroge car la vie c’est aussi ça, un cheminement intérieur et ce voyage lui sert avant tout à se retrouver, à s’infliger des peines et à s’en sortir toujours in extrémiste. Rémy le sait, il se cherche et la cherche : la solitude, son âme, une certaine torture, et enfin la belle Marla. Voilà pourquoi il est parti seul dans ces paysages désertiques, presque lunaires. « Et la solitude ne se supporte que quand elle est choisie, non subie.
    Moi qui pars seul pour pouvoir respirer, c’est ma propre solitude qui me fait suffoquer » (p. 25) Cet isolement qui pourtant lui pèse, parfois à la limite de la folie et cette question rhétorique que se pose parfois le baroudeur : « mais bon dieu que suis-je venu faire ici ? »

  5. Vincent (lecteur pour l'Arlésienne)

    J’ai beaucoup aimé ce livre. Il est très agréable à lire et vous emmène au côté de ce voyageur occasionnel. La description précise de chaque événements, lieux, personnages qu’il rencontre vous fait vraiment intégrer l’histoire. Le langage utilisé est assez soutenu par moment, je pense que ce livre est plus spécialement dirigé vers un public assez habitué à la lecture. Si une envie de voyager et de vous évader vous dévore, alors je vous le conseille fortement ! Bonne lecture et bon voyage !

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