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Lisez en ligne "Petites pensées inamicales", d'Anna Hubris !

Résumé : S’il y a une chose que Cécile déteste, c’est bien sa belle-sœur !
Suzanne est une fille vantarde et imbue d’elle-même, qui pense que sa vie est un modèle. Elle ne parle que d’elle, et quand elle s’intéresse à l’autre, c’est pour y chercher le reflet d’elle même.
Cécile l’a en horreur, elle rêve souvent de s’en débarrasser. Alors, quand son époux lui propose une semaine de vacances en famille, la jeune femme se prend à imaginer…
« Si je la tuais, là, maintenant, comment est-ce que je m’y prendrais ? Il faudrait que ce soit discret, pour que l’on ne puisse pas me le mettre sur le dos.
Je pourrais aller chercher les somnifères que j’ai amenés dans ma trousse de toilette et en faire fondre dans la carafe d’eau. De toute façon, elle est la seule à en boire, les autres préfèrent le vin, ou l’eau à bulles.
Le lendemain matin, toute la maison serait en émoi parce que Suzanne ne se serait pas réveillée. Elle serait morte.
ALLÉLUIA. »
Mais parmi ces scénarios macabres, lequel conviendrait le mieux à l’insupportable Suzanne ?
Découvrez-le dans cette nouvelle bourrée d’humour !

Cécile prépare les valises pour toute la famille. Les filles jouent dans le salon, très excitées. Arnaud n’est pas encore rentré du travail, il finit souvent tard le vendredi.

– Les filles, arrêtez de me courir autour s’il vous plaît, vous m’empêchez de faire les bagages.

– Mais maman, c’est parce qu’on est super contentes de partir en vacannnnnces ! hurle Clarisse en faisant l’avion avec ses bras et en tournant autour de sa mère.

Amélie fait comme sa sœur et agite les mains en faisant un bruit d’avion.

– On n’y va pas en avion Amélie, on y va en voiture, vroummmm, vroumvroum. Et elles se mettent à tourner toutes les deux autour de Cécile en faisant la voiture cette fois-ci.

– Allez ça va maintenant, j’aimerais bien finir ce que j’ai commencé, et vous êtes dans mes pattes ! Allez voir dans vos chambres si vous voulez emmener quelques jouets.

Les filles filent dans leurs chambres et reviennent cinq minutes plus tard, les bras chargés de peluches et de poupées.

– Oh Clarisse, tu es sûre que tu veux emmener tes Monster Eye ? Tu sais bien que je n’aime pas trop ces poupées.

– Mais c’est Suzanne qui me les a offertes et je les adore, elles sont trop cool !

– Je ne sais pas si elles sont cool… Moi, je les trouve surtout assez laides.

– Allez maman, s’il te plaît, Esméralda en a plein aussi et je suis sûre qu’elle va venir avec !

– Oui, bon, d’accord, si ça te fait tellement plaisir…

S’adressant à Amélie, elle prévient :

– Et toi mon chat, tu peux prendre deux peluches seulement OK ? On ne peut pas tout emmener.

– OK maman, je vais prendre le dauphin et le cheval.

– Les plus petits quoi, comme d’habitude… On va encore avoir une voiture de romanichel, conclut Cécile en soupirant pour elle-même.

Nous ne sommes même pas encore partis et j’ai déjà envie d’être rentrée et de remettre ce monceau d’affaires à sa place. Et ces horribles poupées qui ressemblent à des squelettes, des morts vivants ! Je ne comprends pas pourquoi elles sont si à la mode. Qu’est-ce qu’on peut bien aimer dans ces monstres ?

Encore une formidable idée de Suzanne… Sans elle, je suis sûre que Clarisse serait passée à côté de ces horreurs. Mais non, il faut toujours qu’elle offre le dernier truc à la mode, même si la mode est moche.

« Tu comprends, Cécile, les enfants de l’âge de Clarisse et Esméralda ont besoin de se sentir intégrés dans un groupe, et en ce moment, la mode ce sont les Monster Eye et jouer à se faire peur. Esméralda adoooore ». Elle pourrait la gifler quand sa belle-sœur prend des airs supérieurs pour lui expliquer comment élever ses filles. Elle a toujours l’impression d’être ringarde et coincée en sa présence, alors que par ailleurs elle se sent bien dans sa vie. Mais côtoyer Noa et sa femme lui fait toujours le même effet. Elle devient consciente d’elle-même et ne fait plus rien naturellement. Elle se sent perpétuellement jugée et dénigrée. Comme s’ils la regardaient vivre, comparaient sa vie à la leur et souriaient intérieurement d’avoir choisi la bonne voie…

– C’est quoi des romanichels ? demande Clarisse pour la deuxième fois, en tirant la manche de sa mère.

– Quoi ? demande Cécile distraitement.

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Anna Hubris est née et vit en Bretagne, près de Quimper. D’origine anglaise, il lui arrive encore, parfois, de traverser la manche pour prendre une dose supplémentaire de pluie. Cette jeune femme, mère de deux korrigans, aime écrire des histoires, courtes ou longues, pour rire et réfléchir à la vie quotidienne et ses tourments.

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