Publicités
Les dernières niouzes

Brèves littéraires (collectif)

ségolène roudot, brèves littéraires, élodie fonteneau, lucille cottin, ebook gratuit, france, maison d'édition numériqueUne fois n’est pas coutume, l’Arlésienne vous offre un recueil de récits très brefs. Au programme : la littérature ! Découvrez Hors la d’Elodie Fonteneau, les considérations sur Don Juan de Lucille Cottin et Le pilon de Ségolène Roudot. Un recueil mini pour un plaisir en grand !

J’ai les livres en horreur. Aussi loin que je me souvienne, je les ai toujours exécrés, albums ou grimoires, reliures plein cuir ou brochures bon marché, torture du lecteur débutant, nids à poussière des vieilles bicoques abandonnées, éponges gorgées d’humidité ou feuilles sèches et craquantes qui voltigent au moindre souffle de vent. Aussi loin que je me souvienne, j’ai collectionné les livres. Chez moi, pas de bibliothèque vitrée, pas de lutrin où feuilleter dévotement un manuscrit sans âge, mais des cartons, des caisses, des cageots et quand il ne reste plus de cartons – les livres sont innombrables – de vulgaires sacs de supermarchés, des emballages de ficelles tressées pour ligoter les piles de livres qui, jamais, ne parviennent à m’échapper. Une fois par an, je livre ma gigantesque offrande aux flammes de la Saint-Jean. Seulement les livres : les cartons, caisses, cageots, je les garde précieusement ; les cendres n’ont pas encore refroidi que déjà mes cartons se remplissent pour le prochain autodafé.

Longtemps, je me suis crue seule au monde. Je ployais sous l’ampleur de la tâche, alimentant le brasier sans que jamais ne tarisse le flot de pages imprimées. J’ai cru sombrer dans la folie, j’ai laissé mes prisonniers de papier me chuchoter leurs suppliques, distiller leur poison. Souvent j’en ai perdu le sommeil, mais une fois réduits en cendres, les livres se taisent à jamais, ils ne hantent plus mes rêves. Mon sacerdoce continuait, bûcher après bûcher, dans un tourbillon de fumée qui ne s’évanouirait qu’à l’anéantissement des livres, ou à mon dernier souffle.

 

Téléchargement : bookeen, kobo, amazon, apple, google play / Lecture en ligne : Youscribe, Youboox

Besoin d’aide ? Lecture gratuite avec Youbooxlecture par abonnementlecture sur PCapplicationsFoire aux questions

Lucille Cottin est née en 88 à Metz. Dès son plus jeune âge, elle se plonge dans l’univers du livre et de la bande-dessinée. A côté, elle dessine et bricole des tas de personnages. Après moult péripéties, elle rejoint l’université de Lorient, puis celle d’Angers, pour suivre des études de lettres teintées d’archives et d’édition.

Dévoreuse de mots, je croque depuis toujours les histoires et les livres à pleines dents !

Jamais rassasiée, je comble depuis une dizaine d’années mes petites fringales à l’aide de l’écriture. Nouvelles et textes courts sont des amuse-gueules que j’ai plaisir à concocter et à partager, en particulier quand ils sont noirs et frétillant de passions féroces.

Je suis originaire de BrestJ’ai fait des études d’ethnologie et de langues orientales, qui m’ont permis de vivre trois ans à Oxford au Royaume-Uni et de me spécialiser sur l’Inde.

Grâce à mes connaissances en langue hindi, j’ai ensuite trouvé du travail à la bibliothèque des langues orientales à Paris, et depuis j’enchaîne des contrats comme technicienne de bibliothèque.


 

3 Comments on Brèves littéraires (collectif)

  1. Ce petit recueil gratuit nous offre trois textes courts.
    Mon texte préféré est « Don Juan ».
    Pourquoi ?
    Simplement parce qu’il nous fait voir et entrevoir ce que serait la vision et la vie d’une personne comme Don Juan si il vivait à notre époque.
    Saurait-il toujours séduire autant de femmes ? Saurait-il comment séduire les femmes modernes ?
    Un récit très court qui nous mène à la réflexion, tout comme les deux autres textes de ce recueil.

  2. Brèves littéraires est un recueil de trois nouvelles de qualité. Si elles sont à première vue très différentes, les oeuvres ont cette même idée de mélancolie et provoquent le même écho chez le lecteur. De plus, elles proposent toutes des allusions littéraires aux grands classiques qui sont très bien choisies.

    Hors la, d’Elodie Fonteneau
    Une invitation à l’évasion, se perdre dans nos pensées, s’évader grâce à nos rêves … Voici ce que nous propose cette excellente nouvelle.

    Considérations sur Dom Juan, de Lucille Cottin
    Dom Juan était un précurseur au temps de Molière… mais plus à notre époque. Découvrez une nouvelle très drôle mais aussi ironique. Suivez la déchéance de Dom Juan ou seulement l’évolution d’un monde où il est devenu ordinaire.

    Le pilon, de Ségolène Roudot
    Aimer les livres ou les détruire… Cette nouvelle n’est pas sans rappeler Fahrenheit 451 de Ray Bradbury. Elle livre une juste description de ces livres qu’on entasse sans même les parcourir et dont on se débarrasse pour libérer de la place pour des nouveaux…

  3. Brèves littéraires est un recueil de trois petites nouvelles, ma préférée étant « Dom Juan » de Lucille Cottin. En effet, celle-ci nous narre la vie qu’a eu et que pourrait avoir, à notre époque, ce fameux personnage qu’est Dom Juan. Je l’ai trouvé assez drôle, dans le sens où l’on ressent beaucoup d’ironie. Personnage unique, devenu banal au sein de notre société actuelle, comment pourrait-il séduire les femmes de nos jours ? Y arriverait-il ? Personnellement, je pense que oui et pas forcément pour les bonnes raisons (ahah)
    Ces nouvelles se rassemblent en un point car elles dégagent toutes cette même sensation de mélancolie, de rythme lent, se balançant au gré des émotions, des sentiments et des perceptions de chacune des auteures.
    Un récit court, menant à la réflexion, qui n’est pas sans rappeler certains classiques alors qu’en réalité, une touche de modernité se dissimule à chaque coin de phrase…

Laissez vous-aussi un commentaire !

%d blogueurs aiment cette page :