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Interview de Ségolène Roudot, une autrice à tomber (La falaise)

Encore une nouvelle dont il faut se méfier de la chute !

Bonjour Ségolène, et merci d’avoir accepté de répondre aux questions de l’Arlésienne ! De quoi parle ta nouvelle La falaise ?

De Simon, un jeune étudiant qui rêve toutes les nuits qu’il tombe d’une falaise. Pour ses colocataires, la seule conséquence de ce cauchemar est qu’ils sont fréquemment réveillés par des hurlements. Mais Simon est terrorisé, persuadé qu’une nuit, il mourra réellement en tombant de la falaise.

A quelle occasion as-tu écris ce récit ?

Dans le cadre d’un concours d’écriture.

Ta nouvelle s’inscrit dans la lignée des récits fantastiques du 19e siècle. Par quoi tes choix esthétiques ont-ils été guidés ?

L’impulsion de départ m’est venue en lisant « le livre de raison » de H.P. Lovecraft, qui réunit des bribes d’idées pour écrire des récits d’épouvante, notamment celle-ci : « un homme rêve qu’il tombe, on le retrouve sur le sol, mutilé, comme s’il était tombé de très haut ». J’ai ruminé cette phrase plusieurs années avant d’en faire une nouvelle. Je ne cherche pas à écrire à la manière de Lovecraft, d’ailleurs je suis loin d’avoir une connaissance approfondie de son œuvre, mais c’est son style d’univers que j’avais en tête. Et j’ai volontairement gommé toute référence trop directe au temps et au lieu, parce que l’histoire me semblait appartenir aussi bien au présent qu’à un passé récent, 19e ou début 20e.

« La falaise » s’inspire-t-elle d’un récit, d’une histoire ou d’un fait particulier ?

Rien de volontaire, en dehors de Lovecraft.

Cette nouvelle a-t-elle des ressemblances avec des éléments de ta vie ?

En cherchant, on en trouve toujours ! Petite, j’avais d’importants troubles du sommeil. J’ai un peu le vertige. Heu… et j’ai vécu en colocation pendant mes études ? C’est assez maigre comme similitudes, et ça s’arrête là !

Par ce récit, qu’as-tu souhaité exprimer ? Ton récit a-t-il un message particulier caché ?

Il est très bien caché alors, car je n’en ai pas conscience.

Merci pour tes réponses ! On vous laisse avec un petit extrait :

La chambre était déjà meublée pour deux personnes : un lit simple de chaque côté, un immense placard, et deux bureaux que Jérémie avait alignés contre la baie vitrée pour mieux profiter de la vue et de la lumière. Je souffrais de vertige, véritable raison pour laquelle on m’avait laissé la chambre individuelle, et pour rien au monde je ne me serais approché de cette fenêtre. Resté en arrière à l’entrée de la chambre, je ne compris donc pas immédiatement ce qui arrivait quand Simon se raidit et pila au centre de la pièce, ni pourquoi Jérémie courut tirer le grand rideau de nuit, nous plongeant tous trois dans la pénombre. Simon se laissa tomber sur le lit le plus proche et je remarquai alors qu’il était livide.

— Vous devriez peut-être partager la petite chambre, après tout, plaisanta Jérémie en apportant un verre d’eau à Simon. C’est sûrement la première fois dans l’histoire de la colocation qu’on voit deux locataires ayant le vertige insister pour habiter au quatrième étage.

 

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Je suis originaire de Brest. J’ai fait des études d’ethnologie et de langues orientales, qui m’ont permis de vivre trois ans à Oxford au Royaume-Uni et de me spécialiser sur l’Inde.

Grâce à mes connaissances en langue hindi, j’ai ensuite trouvé du travail à la bibliothèque des langues orientales à Paris, et depuis j’enchaîne des contrats comme technicienne de bibliothèque.

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