jonathan itier un domestique l'arlésienne maison d'édition livres numériques

Vous et l’Histoire : Jonathan Itier

Bonjour Jonathan, et merci d’avoir accepté de participer à notre rencontre sur le thème « Vous et l’Histoire » !
Avant tout, quels sont tes rapports à l’Histoire ? T’y intéresses-tu beaucoup ?

Dans la conception hégélienne, l’Histoire est cette « nature qui prend conscience d’elle-même ». C’est la connaissance de l’automouvement des réalités individuelles ou collectives, le cadre de compréhension par excellence des transformations humaines profondes. L’Histoire est comme l’air que nous respirons… Ne pas la pratiquer revient à s’asphyxier l’âme. Elle est la condition de notre humanité. Sans ça, il n’y aurait rien à raconter (ce qui peut être très bien aussi).

Y a-t-il des périodes de l’Histoire qui t’intéressent particulièrement ?

Je dirais que mon intérêt évolue avec le temps. J’ai été fasciné par l’antiquité dans mes jeunes années, puis bouleversé par la Commune de Paris, enfin  galvanisé par la lutte pour les droits civiques (encore un peu plus tard)… La spécificité des enjeux historiques ne doit pas nous faire oublier que ces hommes et femmes, qui ont souffert, aimé, trahi, combattu, sont exactement semblables à nous en substance. J’imagine parfois que je croise Balzac à un café, petit homme d’un mètre cinquante sept je crois, et que personne ne prête attention à lui. Pareil pour Hugo. Tous faits de chair et de sang.  Commensurables à nous. Ils furent ce que nous sommes, et le temps qui nous sépare d’eux s’est écoulé comme une rêverie.

Si tu pouvais vivre à une autre époque, laquelle choisirais-tu ?

J’aimerais tenter l’Egypte ancienne, mais dans les yeux de qui ? Je ne sais pas.

Ta nouvelle, Un Domestique, est plutôt orientée 19e siècle, alors que La Passion de Miguel Ortiz contient des passages d’anticipation. Pourquoi un tel choix ?

Miguel vit sous Franco, dans les années soixante. L’anticipation me permettait d’illustrer l’actualité, les résonances du franquisme bien au-delà du temps que nous connaissons. Un événement de cette ampleur se diffuse lentement dans les cœurs, sur des générations. J’aime cette poésie du temps qui passe, même pour les tragédies.

Merci d’avoir échangé avec nous sur ce sujet ! On te dit à très bientôt pour une nouvelle interview !

Je suis né dans une clinique de la banlieue parisienne. Tout comme les adultes adorent en inventer, les enfants adorent les écouter pour s’aduler, se combattre, voter, s’impliquer, simplifier… Les histoires sont ma petite contribution à l’effort collectif de vie. Si tout ce qui est humain se condamne –et c’est peut-être la faute à son essence même- à régner ou à servir, la littérature est ce geste d’amitié salubre dans le désastre, de la main de l’un à l’épaule de l’autre ; pour le lecteur et l’auteur, c’est donc la consolation d’être entendu, mais de loin en loin, parce que la pudeur nous oblige.

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