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Freddy Stratton, de Lucille Cottin (Version noire, extrait en ligne)

 Dans l’Angleterre des années 30, le banquier Freddy Stratton a un hobby : fouiner dans la vie des gens. Sa spécialité ? Leur trouver de complexes problèmes, qu’il s’efforce ensuite de résoudre.
Un soir de juin 1931, Stratton tombe sur Audric Morbay, lord de son état et coqueluche de ces dames. Jeune, riche et beau, Morbay a tout pour réussir. Stratton, lui, en est loin. Beau, il pourrait l’être s’il ne produisait pas cette grimace affreuse lorsqu’il sourit. Jeune, il ne l’est plus guère, convaincu d’avoir déjà un pied dans la tombe. Quant à la richesse ! Celle des autres est plus amusante. On est installé de manière plus confortable pour assister à leur ruine fatidique. Freddy est une bête noire, un Edgar Poe illuminé qui adore analyser les comptes de ses clients sans leur autorisation ! Et c’est bien ce qu’il compte faire, persuadé que l’héritage que vient de toucher Morbay soulèvera quelques jolis rats morts, ou débouchera sur une fin merveilleusement funeste.
Ce récit est suivi par deux novellas : Les Picasso et Les têtes coupées.
Noirceur et humour grinçant garantis !

Je sortis des Royal Botanic Gardens quelques heures plus tard, ravi par le contenu de ses serres, qui relevait le niveau des jardins. Ah, l’exotisme ! Peut-être allais-je renoncer à la Sibérie pour la jungle et ses plantes sauvages. Certaines étaient carnivores. Mes pieds, dociles, me ramenèrent correctement à la maison, et je passai la soirée à entremêler ces visages grotesques que j’avais imaginé le jour avec ces superbes spécimens végétaux que j’avais contemplés le soir, dans les chuintements de ma radio.

Deux jours passèrent. J’avais attendu le vendredi pour agir : non seulement ce n’était pas un jour de visite de Morbay, mais nous étions aussi au crépuscule de la semaine. L’homme avait bien mieux à faire que de me recevoir. J’adorais arriver à des moments inopportuns. Hélas, mon directeur connaissait mes méthodes, et il avait vraisemblablement manigancé toute l’affaire : lorsque je me présentai à la demeure Morbay, on me fit savoir que j’étais attendu.

La coqueluche londonienne vivait dans un hôtel particulier décoré avec mauvais goût. Les rideaux étaient en velours, une matière dont j’ai horreur à part pour certains déguisements. Seule la couleur — un rouge rubis — me ravit les yeux. Les meubles n’avaient rien de particulier : ils étaient en bois sombre, laqué et sculpté. Ils avaient l’air de valoir un peu d’argent. Je présumais qu’ils avaient du style, mais je ne parvins pas à mettre un nom dessus. La texture de ces meubles était semblable à celle des murs. On les avait recouverts de grands panneaux de bois vide. Je supposais qu’ils étaient récents, et qu’ils attendaient d’être peints. Pour l’instant, les pièces semblaient un peu vides.

Le sol était recouvert de tapis épais qui semblaient aspirer les pieds. Je profitai d’une seconde d’inattention de la part de mon hôte pour en retourner un coin. Dessous, le plancher était vieux et abîmé. C’était un cache-misère. Tout ceci m’indiqua que Lord Morbay était certainement un nouveau riche, et qu’il entreprenait de gros travaux de rénovation. Il avait meublé son intérieur afin d’exposer aux yeux de tous sa récente fortune tout en essayant de passer pour un homme respectable voire — oh le gros mot ! — de goût. C’était raté : la décoration, qui se voulait ancienne, sentait trop le neuf.

— Monsieur vous attend au salon, dit le majordome.

Je le suivis docilement. Je me demandais si le jeune Audric était réellement l’instigateur de cette décoration dépassée. Pour un jeune homme, il ferait preuve d’un sentiment de traditionalisme exacerbé. Je l’aurais mieux vu dans un décor plus contemporain. La ligne droite et le fer, ça, c’était moderne !

— Asseyez-vous, monsieur Stratton, me dit Lord Morbay lorsque je fus entré dans la pièce.

Je lui serrai la main de mauvaise grâce et posai mon postérieur dans une sorte de fauteuil Voltaire.

— Je tiens avant tout à m’excuser pour ma petite méprise de l’autre fois. Lorsque je vous ai vu arriver avec monsieur Butcher, j’étais persuadé que vous étiez son digne héritier !

Je sentis mon visage s’allonger de dépit. Monsieur Butcher était, comme je l’ai déjà expliqué, gros, blond, chauve, avec une tête d’ampoule. J’étais maigre, brun, mal peigné certes, mais bien fourni en cheveux. Et, contrairement à mon supérieur, je n’aspirais guère à avoir une barbe d’imberbe — c’est à dire, aucune. C’était clair : Lord Morbay me méprisait.

— Passons, dis-je posément. Vous désirez donc bénéficier de nos services…

— Je n’en sais encore rien. Je prends mes renseignements puis, en tant que client, je choisirai la meilleure banque…

— C’est faux, rétorquai-je. Lorsqu’on veut un avis sur une banque, on ne va pas voir ce baratineur de banquier. On demande conseil à ses proches. Rien de tel qu’un client pour conseiller le client ! Vous me direz, vous m’avez peut-être fait venir pour avoir mon avis sur ma propre banque, mais je ne suis pas client à la Phillips & Phil.

— Bien. Alors pourquoi vous ai-je fait venir, d’après vous ?

— Pour placer votre héritage chez nous. Ou, plutôt, ce qu’il en reste.

Lord Morbay sursauta.

— Comment savez-vous que j’ai hérité ?

— Eh bien, vous avez fait une ascension fulgurante dans la société londonienne. Par conséquent, vous n’êtes pas né dans une grande famille, sinon vous seriez aujourd’hui un élément du décor, comme ce pauvre Mac Andrew par exemple. Il existe peu de façons de devenir aussi riche que vous l’êtes aujourd’hui. Vous auriez pu être un gangster, à la façon d’Al Capone, seulement vous vivriez caché. Un bandit ne met pas son argent à la banque, il la braque. Vous n’avez pas joué en bourse non plus, sinon tous les hommes vénéreraient votre intelligence et votre sens des affaires. De plus, si vous fréquentiez les bourses, vous ne feriez pas appel à une entreprise aussi modeste que la nôtre. Non, seul l’héritage peut expliquer votre ascension vertigineuse. L’attitude des femmes à votre égard le prouve.

Lord Morbay siffla d’admiration.

— Admirable déduction ! Vous devez beaucoup vous ennuyer pour réfléchir autant.

— Votre mobilier est d’un ennui extrême, en effet.

— C’est ma mère qui l’a choisi, balbutia subitement Morbay.

Il était facile à désarmer. Il était n’était qu’un jeune loup qui n’avait toujours pas de crocs pour mordre ses ennemis. Un véritable Lord m’aurait congédié depuis longtemps. Ceci confirma mes théories.

— Je me disais bien que, pour un jeune homme, vous aviez extrêmement mauvais goût.

Lord Morbay fit un signe à son majordome et lui demanda un verre de bourbon. Il ne me proposa rien, naturellement. Le louveteau était du genre pédant. Je sortis de ma sacoche de cuir une liasse de documents et les lui tendis.

— Vous trouverez là-dedans les documents nécessaires à votre inscription, ainsi que notre règlement. Lisez-le bien : nous sommes très strictes.

— Je l’ai déjà reçu par monsieur Butcher.

— Bien. Alors vous savez que nous ne faisons pas crédit. Nous sommes une banque, pas une agence de prêt. Notre objectif est de faire fructifier l’épargne de nos clients.

— C’est bien pour cela que je vous ai choisi.

Sur ce beau visage, au nez droit et à la bouche pleine, rouge, presque suave, passa une ombre. Ceci me fit tiquer. L’homme avait déjà des problèmes d’argent. La jeunesse dilapide une partie de l’héritage, la mère, devenue enfin riche, le reste. À la fin, on se retrouve avec des affaires lourdes, baroques, complètement passées de mode, et rien ni sur le dos ni dans l’assiette. Ces meubles-là n’étaient bons que pour les riches. Ils rendaient leur brutale pauvreté aussi laide qu’un vilain masque de carnaval.

— Je vous l’avais bien dit, que vous aviez déjà fait votre choix, dis-je sur un ton suffisant. Notre banque assure à ses clients la plus complète des discrétions. Seules votre beauté et votre réputation feront parler de vous à Londres.

— Je n’en suis pas si sûr.

C’était aussi mon avis. Sa ruine proche allait faire jaser.

Je me levai pour prendre congé.

— Je vous laisse le week-end pour remplir ces papiers. Vous verrez, ils ne sont guère compliqués. Maintenant, tout fonctionne avec des textes à trous. Venez me voir lundi, nous vous enregistrerons comme client. Au revoir, monsieur.

Et, promptement, je m’éclipsai. Je ne lui laissai pas le temps de riposter. C’était comme ça que je ferrais le poisson !

Je passai mon week-end à me renseigner sur Audric Morbay. Je n’appréciais guère l’inconnu ; et les inconnus allaient de pair. Malheureusement, cette « étoile » était si nouvelle dans le ciel londonien qu’aucune histoire scabreuse ne la ternissait encore. Tout ce que j’appris — grâce à la rubrique mondaine — c’était qu’il avait hérité argent, terres et titre de son oncle, Lord Larry Morbay. Je connaissais cet homme, ce qui me fit trouver cet héritage curieux : Larry Morbay avait des fils qui auraient dû être les héritiers directs de sa fortune. Or, ses enfants n’avaient touché que la part qui leur revenait de leur défunte mère. Ce fait me fit réfléchir. Lord Morbay était-il un enfant illégitime ? Cela semblait impossible, puisqu’il avait officiellement deux parents. À moins que sa famille ait osé mentir à la société tout entière, de la plus misérable des putes de Londres jusqu’à notre glorieux roi-père-de-tous. Donc, aussi à moi. Et je n’avais pas pour habitude que les autres me mentent ; c’était à moi de les manipuler !… Ces faits attisèrent davantage ma curiosité. Il semblait que j’étais le seul à avoir décelé cette anomalie d’héritage. Celle-ci préoccupait-elle Lord Morbay au point de tenir son si radieux visage ? Cela m’amusa, et j’en fis un dessin. Je savais me contenter de peu.

Ce n’est pas que je fusse artiste dans l’âme, mais cette occupation occupait mes mains nerveuses et avait le don de m’empêcher de devenir fou. Sans elle, j’aurais passé ma vie à arpenter chaque pièce de ma maison de long en large tout en déblatérant à voix haute avec moi-même, ce qui aurait été fort ennuyeux. J’avais pour habitude de ne m’adresser qu’aux objets. Par ailleurs, je n’avais ni vocation à devenir célèbre, ni même celle de devenir illustrateur. Je ne ressentais aucune affection pour mes bouts de papier. Je les collectionnais comme un affamé range trois boîtes de conserve dans ses placards. Ils représentaient la nervosité que j’expiais. C’était comme une peine de prison, et pas une semaine ne se passait sans que je produise quelques-uns de ces croquis. Personne n’en connaissait l’existence, puisque je ne fréquentais personne. Ils restaient là, dans mon salon. Classés par années. Rigoureusement classés.

Le lundi aurait dû sonner le glas de mes interrogations du week-end, mais Lord Morbay était un naïf qui essaya de jouer au plus malin avec moi. Il ne vint que le mardi matin — preuve, somme toute, qu’il était en fait très pressé de régler cette affaire, mais qu’il avait ressenti le besoin de nous rappeler nos positions respectives : il était un aristocrate, et moi un petit idiot de fonctionnaire. S’il avait été un vrai noble, et si sa situation n’avait pas été aussi urgente, je ne l’aurais revu qu’à la saison prochaine.

 

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Ce livre existe également dans une version blanche

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Lucille Cottin est née en 88 à Metz. Dès son plus jeune âge, elle se plonge dans l’univers du livre et de la bande-dessinée. A côté, elle dessine et bricole des tas de personnages. Après moult péripéties, elle rejoint l’université de Lorient, puis celle d’Angers, pour suivre des études de lettres teintées d’archives et d’édition.

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7 Comments

  1. Litteratura blog (lectrice pour l'Arlésienne)

    Avis sur « Les têtes coupées » :
    Incipit : « Nous approchions de la fin du mois de décembre. Les rues de Londres étaient envahies de brouillard et de lumières de Noël. C’était l’effervescence. Autour de moi s’affairaient bon nombre de bourgeois, sillonnant les rues à la recherche de leurs derniers cadeaux. Moi, j’errai, amusé. »

    Lorsque j’ai commencé à lire Les têtes coupées de Lucille Cottin (mon auteur fétiche aux éditions l’Arlésienne), j’ai tout de suite pensé à ces « monstres » qu’exposaient dans des bocaux remplis de formol les vieux museum d’histoire naturelle. Vision glaçante et sidérante comme elle l’est pour Freddy Stratton lorsqu’il découvre une tête coupée dans un bocal chez un commerçant de sa connaissance.

    Le banquier-détective mène l’enquête et met à jour une mystérieuse société secrète qui s’organise autour d’une série de têtes coupées. Impossible d’en dire plus pour ménager le suspens qu’instille Lucille Cottin au fil des pages. Grâce une écriture fluide et limpide, un art maîtrisée de la nouvelle, l’auteur prouve une nouvelle fois qu’il faut compter avec elle dans ce genre un peu méconnu en France.

    Avis sur « Les Picasso » :
    Préambule = « Pourquoi vous raconterais-je mon passé ? Y a-t-il un but, une logique ?
    Ami lecteur, n’en cherche aucune. Je n’ai pas été un glorieux héros de la royauté.Je ne suis qu’un homme malade qui cherche à sauver sa vie en l’écrivant. »

    A la manière de Bartleby le scribe, le narrateur, Freddy Stratton, vit une existence paisible d’employé de banque. Une vie sans relief jusqu’au jour où elle est troublée par un mystérieux client surnommé « l’Allemand ». Celui-ci confie au narrateur des croquis à mettre au coffre, croquis qui semblent être des Picasso. L’âme endormie du narrateur et sa passion tourmentée pour l’art se réveillent alors l’entraînant dans une étrange quête qui frôle les frontières de la folie.

    Lucille Cottin, qui maîtrise à merveille l’art de la nouvelle, plonge son lecteur dans une quête mi-fantastique, mi-policière. Le suspens monte peu à peu pour trouver son paroxysme dans la chute inattendue de l’histoire. L’intrigue est palpitante pour qui s’intéresse un peu à l’art et écrite dans un style simple et efficace. Un court texte intense qui fait honneur au genre.

  2. La fée des livres (Chroniqueuse pour l'Arlésienne)

    Avis sur l’Affaire Morbay : Tout d’abord, je tiens à remercier la maison d’édition l’Arlésienne pour m’avoir envoyé cette nouvelle qui m’a vraiment plu ! Il faut dire que j’en lis très rarement et c’est donc pour cela (en partie) que j’ai sélectionné ce livre. Effectivement, j’ai toujours cette appréhension de ne pas apprécier ma lecture car trop courte. Etant une fan absolue des gros pavés, des nombreux détails, j’ai du mal à laisser place aux livres tout fins, comprenant moins de 100 pages. Et bien il va falloir sincèrement que j’arrête ! « L’Affaire Morbay » m’a clairement prouvé que je pouvais prendre du plaisir à lire ce type d’écriture. J’ai été réellement surprise et je me suis plongée sans difficulté dans cette enquête dès le début. L’écriture de l’auteure reste simple mais très agréable, remplie de légèreté et d’humour noir.

    En effet, le personnage principal qu’est Freddy Stratton, incarne typiquement l’anti-héros. Il est hautement cynique, égoïste, asocial, méprisant etc… Il se fiche des convenances, de la mort, des sentiments, de l’attachement. En somme, de tout et surtout de tout le monde ! J’ai pu remarquer très rapidement qu’il déteint au sein de cette société londonienne, remplie de faux-semblants et de jeu d’acteur qui vous colle durement à la peau. Je me suis beaucoup attachée à ce personnage, qui m’a fait rire à certains moments grâce à son esprit assez caustique mais aussi grâce à sa totale désinvolture face à la vie. S’ajoute à cela son besoin de dessiner ce qu’il ressent, ce qu’il voit, entend et vit. C’est une des parties de sa personnalité qui m’a totalement conquise ! J’ai trouvé ça très intéressant de le voir imager clairement ce qu’il nous raconte, ce qui se passe au fil de l’intrigue. Cela apporte un côté vivant, réaliste et original à cette nouvelle, mariant la lecture à l’art du dessin.

    Durant cette histoire, ce banquier londonien va mener une enquête et nous invite à le suivre. Enquête très simple, facile à comprendre et dont on devine assez vite le dénouement. Pour le coup, cela ne m’a pas dérangé ! Le livre étant court je ne m’attendais pas à sauter de rebondissement en rebondissement, à dénicher de nombreux secrets et mystères. Disons que l’enquête s’associe très bien avec la longueur du texte puisqu’elle va droit au but. Ni trop courte, ni trop longue. On n’en demande pas plus et on ne se sent pas en manque pour autant.

    En conclusion, j’ai apprécié « l’Affaire Morbay » tant par son personnage atypique que par son histoire en elle-même. Malgré cela, je tiens à mettre en garde les lecteurs qui portent dans leur cœur les grands romans policiers ! En effet, ne vous attendez pas à une intrigue exceptionnelle, qui vous tient en haleine tout du long et qui vous cloue le bec à la fin. Cette nouvelle de Lucille Cottin est vraiment une lecture très simple. Je dirais même une lecture de vacances !

  3. L'atelier du scribe 86

    Avis sur l’Affaire Morbay :
    L’histoire est noire et la lecture plaisante. Le narrateur, Freddy Stratton, convie son lecteur à suivre ses exploits d’enquêteur. Mais qui en veut à Lord Audric Morbay, cet aristocrate devenu subitement riche après avoir hérité des biens de son oncle ?

    L’auteure nous plonge dans le milieu aristocratique londonien du milieu du siècle dernier. Elle nous peint le portrait d’une société fondée sur le jeu des apparences et des faux-semblants. Son personnage principal est le type même de l’anti-héro : antipathique, pas beau, misanthrope, calculateur, limite escroc, égoïste… mais malgré tout attachant. Nous nous laissons entraîner avec délectation jusqu’à la résolution de l’affaire.

    Cette nouvelle policière parue en 2015 enchantera petits et grands. Une lecture de vacances idéale pour oublier les petits tracas du quotidien, à savourer sur un transat, sous le soleil chaud de l’été, en train de siroter un bon thé glacée (ou tout autre boisson de votre choix).

  4. C.Stone (Lectrice pour l'Arlésienne)

    Avis sur « Les Picasso » : Un banquier amateur d’art qui s’ennuie, un client allemand qui dépose des croquis ou autres objets d’art dans son coffre-fort… Il n’en faut pas plus au lecteur pour plonger au cœur d’une enquête dans l’Angleterre des années 30. Cette nouvelle écrite dans un style fluide, laisse place aux rebondissements en tout genre et au suspens. Avis aux artistes ! Cette nouvelle est faite pour vous. Plongez à la recherche des mystères qui entourent Toulouse Lautrec, Picasso ou encore Baudelaire. Découvrez qui est Francis, à qui les croquis ont été offerts. Que cherche donc à cacher l’allemand ? Plus qu’une enquête digne des plus grands détectives, une histoire d’amitié un peu particulière apparaît en second plan. L’auteur arrive à nous donner envie de retourner dans les musées afin de redécouvrir les tableaux des grands maîtres.

    Avis sur « L’Affaire Morbay » : Encore une nouvelle longue pour Lucille Cottin ! Mais ses nouvelles ne sont-elles pas les meilleures ? Au premier abord on se demande où l’auteure veut nous amener. Pas de cadavres, pas de grands mystères. Et puis, au fil de l’histoire, le suspens se crée. On se demande alors si Lord Morbay est bien celui qu’il paraît être. Est-il fou ? Est-ce sa mère ? A moins que ce ne soit un coup monté contre notre banquier préféré. Voici une nouvelle aux allures de Shutter Island, en moins sombre, rassurez-vous. Quoique… Le style est toujours aussi fluide avec de bonnes intrigues. C’est toujours avec plaisir que l’on se plonge dans une nouvelle aventure du banquier Stratton.

    Avis sur « Les têtes coupées » : Cette nouvelle marque le retour du banquier solitaire apprenti détective. La longueur de cette histoire peut interpeller au début, pour finalement enthousiasmer le lecteur. En effet, cela permet de développer toutes les scènes, aussi bien au niveau des décors que sur des sujets de botanique ou de géologie. On ne s’ennuie pas un seul instant. Si l’atmosphère peut sembler lourde par moment, (en même temps… des têtes coupées installées comme des trophées dans les rues sombres de Londres !) elle n’empêche pas le lecteur de s’identifier aux côtés du héros et de vouloir mener l’enquête avec lui ! Freddy Stratton se retrouve au centre de l’aventure. Sa vie semble menacée et on aurait presque peur pour lui…

  5. Boulimique des livres (lectrice pour l'Arlésienne)

    Nous sommes à Londres, en 1931 soit à peine deux ans après le terrible crash boursier. Le narrateur, Freddy Stratton est un homme que l’on peut qualifier d’atypique. C’est un employé de banque qui a la trentaine mais qui fait déjà beaucoup plus vieux que son âge et qui lorsqu’il sourit a l’air d’un tueur en série.
    Freddy est le genre d’homme que l’on cherche à fuir la plupart du temps: hautain, solitaire, il n’aime personne et dénigre tout. C’est un homme qui s’ennuie et qui fouine partout afin de découvrir des mystères à élucider tels un Sherlock Holmes (j’ai aimé les nombreuses allusions à ce dernier). Il va nous raconter comment il a démasqué une femme avide, déjoué un trafic d’œuvre d’arts et percé à jour une société secrète et dangereuse.
    L’auteur nous fait découvrir à travers sa plume l’ambiance des années 30 où les bourgeois cherchent à conserver leur argent malgré la crise et où les nouveaux riches font leur apparition. Nous découvrons aussi la ville de Londres de cette époque.
    L’ambiance de ce roman est très noire car tout est décrit (personnes et objets) par un narrateur ayant les idées noires. Je n’ai pas réussi à apprécier cette homme qui est pourtant à la qualité d’être franc (un peu trop même) : il n’hésite pas à dire ce qu’il pense dans le but de blesser parce qu’au fond il se fiche des autres. Il va tout de même finir par aider quelques personnes mais parce qu’elles lui font pitié et va aller jusqu’à entamer une relation amicale.
    Pour ceux qui connaissent la série télévisée Sherlock avec Benedict Cumberbatch, c’est le même personnage : mêmes réflexions, même comportement et même besoin de chasser l’ennui en résolvant les mystères.
    J’ai été un peu déçue par la rapidité avec laquelle Freddy Stratton résout les enquêtes mais cela vient de moi car avec les nouvelles je reste souvent sur la faim.
    Je conclurai en vous disant que Lucille Cottin nous a livré ici un polar original que je vous invite à vite découvrir.

    Ma note : 4/5

  6. Book Addict (Chroniqueuse pour l'Arlésienne)

    Freddy Stratton est un recueil qui propose trois nouvelles centrées sur le personnage éponyme, un banquier qui n’a pas un comportement plébiscité par tous, avec son humour noir, ses remarques acerbes et ses méthodes controversées. L’intérêt du recueil réside dans le fait que son personnage original ne se cantonne pas à sa routine financière : dès que l’occasion se présente, il mène des enquêtes, souvent à propos de ses clients.

    Vous pouvez donc retrouver les nouvelles suivantes:
    – L‘affaire Morbay: Freddy Stratton cherche à résoudre un conflit pour un héritage où tous les coups les plus bas semblent permis.
    – Les Picasso : un client apporte régulièrement des cadeaux offerts par un ami pour les mettre dans son coffre. Si ces objets semblent sans valeur, Freddy, passionné de dessin, reconnait parmi eux un authentique Picasso.
    – les têtes coupées : alors qu’il visite une boutique de curiosités, Freddy découvre une tête humaine dans la bouche de laquelle on a glissé une pierre. Il remarque alors ce phénomène chez plusieurs commerçants de la ville. Le banquier cherche donc à découvrir le secret macabre que cette mise en scène cache.

    Le personnage de Freddy est vraiment intéressant : s’il apparaît d’abord comme un antihéros dont les désillusions sont nombreuses, il gagne peu à peu en ampleur. Si la première nouvelle introduit ce nouveau Sherlock Holmes (avec son comportement peu commun et ses capacités de déduction), le seconde est plus introspective : le personnage devient plus profond. Enfin, la troisième a ce petit aspect rocambolesque qui la démarque : s’il y a du suspense dans les trois nouvelles, la dernière est la seule où l’on craint pour sa vie.

    Freddy Stratton est pour moi un coup de coeur littéraire que je conseille à tous : l’atmosphère londonienne des années 30 est agréable, le personnage et ses aventures sont passionnants. Si les nouvelles ont parfois quelques longueurs, la taille est des récits est un gros avantage : cela donne des nouvelles où l’on voit toutes les facettes du personnages et où l’on a de réelles investigations qui tiennent en haleine.

  7. Virginie (Lectrice pour l'Arlésienne)

    Composé de quatre enquêtes, ce roman met en scène un banquier, dessinateur à ses heures perdues, et fin enquêteur.
    L’affaire Morbay entraîne notre personnage dans une sombre histoire d’héritage où une mère pousse son fils dans ses derniers retranchements pour pouvoir le spolier à sa guise. Quelles sont les réelles motivations de cette femme, Lady d’apparat ? Le flair de Stratton révélera toute la machination.
    Le cas de l’Allemand présente un client hors norme qui entasse des cadeaux composéqui entasse des cadeaux composes de bric et de broc dans son coffre. Lorsque ce client apporte des œuvres d’art, Stratton est intrigué : il cherche et trouve l’origine de ces biens tout en profitant de la situation à la fin.
    Les têtes coupées vont amener Stratton à enquêter sur une société secrète où se mêlent ésotérisme, empailleur, vendeur de pierre, cabinet de curiosités et personnages très sombres. Notre personnage résoudra finalement cette enquête qui revêt le caractère d’une intronisation dans une confrérie peu recommandable.
    La dernière enquête s’ouvre sur un crime étrange qui laisse le lecteur espérer une suite à ce livre.
    Ce Stratton est sympathique même si sa moralité est à discuter : il pourrait être le cousin de Rastignac tant sa volonté d’arriver est énorme .
    Il y a du Perry et du Conan Doyle dans ce roman avec une touche d’Oscar Wilde.
    C’est bien écrit et intriguant à souhait : un bon moment de détente avec ce roman policier sans effet superflu.

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