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Freddy Stratton, de Lucille Cottin

Dans l’Angleterre des années 30, le banquier Freddy Stratton a un hobby : fouiner dans la vie des gens. Sa spécialité ? Leur trouver de complexes problèmes, qu’il s’efforce ensuite de résoudre.
Un soir de juin 1931, Stratton tombe sur Audric Morbay, lord de son état et coqueluche de ces dames. Jeune, riche et beau, Morbay a tout pour réussir. Stratton, lui, en est loin. Beau, il pourrait l’être s’il ne produisait pas cette grimace affreuse lorsqu’il sourit. Jeune, il ne l’est plus guère, convaincu d’avoir déjà un pied dans la tombe. Quant à la richesse ! Celle des autres est plus amusante. On est installé de manière plus confortable pour assister à leur ruine fatidique. Freddy est une bête noire, un Edgar Poe illuminé qui adore analyser les comptes de ses clients sans leur autorisation ! Et c’est bien ce qu’il compte faire, persuadé que l’héritage que vient de toucher Morbay soulèvera quelques jolis rats morts, ou débouchera sur une fin merveilleusement funeste.
Ce récit est suivi par deux novellas : Les Picasso et Les têtes coupées.
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Pourtant, je détestais ces soirées où il y avait trop de monde. L’endroit aurait pu me plaire si la compagnie n’avait été si mauvaise. J’avais bien souvent horreur de la petite bourgeoisie, surtout lorsqu’elle pensait être issue de la plus illustre des aristocraties. Ces êtres étaient intellectuellement vides. Ce n’étaient que des apparences, des mannequins, des marionnettes d’apparat. Les femmes essayaient d’être belles, elles étaient artificielles. Quant aux hommes, ils exhibaient leurs cravates comme s’il s’agissait de la plus illustre des médailles.

 

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Lucille Cottin est née en 88 à Metz. Dès son plus jeune âge, elle se plonge dans l’univers du livre et de la bande-dessinée. A côté, elle dessine et bricole des tas de personnages. Après moult péripéties, elle rejoint l’université de Lorient, puis celle d’Angers, pour suivre des études de lettres teintées d’archives et d’édition.

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3 Comments on Freddy Stratton, de Lucille Cottin

  1. Freddy Stratton est un recueil qui propose trois nouvelles centrées sur le personnage éponyme, un banquier qui n’a pas un comportement plébiscité par tous, avec son humour noir, ses remarques acerbes et ses méthodes controversées. L’intérêt du recueil réside dans le fait que son personnage original ne se cantonne pas à sa routine financière : dès que l’occasion se présente, il mène des enquêtes, souvent à propos de ses clients.

    Vous pouvez donc retrouver les nouvelles suivantes:
    – L‘affaire Morbay: Freddy Stratton cherche à résoudre un conflit pour un héritage où tous les coups les plus bas semblent permis.
    – Les Picasso : un client apporte régulièrement des cadeaux offerts par un ami pour les mettre dans son coffre. Si ces objets semblent sans valeur, Freddy, passionné de dessin, reconnait parmi eux un authentique Picasso.
    – les têtes coupées : alors qu’il visite une boutique de curiosités, Freddy découvre une tête humaine dans la bouche de laquelle on a glissé une pierre. Il remarque alors ce phénomène chez plusieurs commerçants de la ville. Le banquier cherche donc à découvrir le secret macabre que cette mise en scène cache.

    Le personnage de Freddy est vraiment intéressant : s’il apparaît d’abord comme un antihéros dont les désillusions sont nombreuses, il gagne peu à peu en ampleur. Si la première nouvelle introduit ce nouveau Sherlock Holmes (avec son comportement peu commun et ses capacités de déduction), le seconde est plus introspective : le personnage devient plus profond. Enfin, la troisième a ce petit aspect rocambolesque qui la démarque : s’il y a du suspense dans les trois nouvelles, la dernière est la seule où l’on craint pour sa vie.

    Freddy Stratton est pour moi un coup de coeur littéraire que je conseille à tous : l’atmosphère londonienne des années 30 est agréable, le personnage et ses aventures sont passionnants. Si les nouvelles ont parfois quelques longueurs, la taille est des récits est un gros avantage : cela donne des nouvelles où l’on voit toutes les facettes du personnages et où l’on a de réelles investigations qui tiennent en haleine.

  2. Composé de quatre enquêtes, ce roman met en scène un banquier, dessinateur à ses heures perdues, et fin enquêteur.
    L’affaire Morbay entraîne notre personnage dans une sombre histoire d’héritage où une mère pousse son fils dans ses derniers retranchements pour pouvoir le spolier à sa guise. Quelles sont les réelles motivations de cette femme, Lady d’apparat ? Le flair de Stratton révélera toute la machination.
    Le cas de l’Allemand présente un client hors norme qui entasse des cadeaux composéqui entasse des cadeaux composes de bric et de broc dans son coffre. Lorsque ce client apporte des œuvres d’art, Stratton est intrigué : il cherche et trouve l’origine de ces biens tout en profitant de la situation à la fin.
    Les têtes coupées vont amener Stratton à enquêter sur une société secrète où se mêlent ésotérisme, empailleur, vendeur de pierre, cabinet de curiosités et personnages très sombres. Notre personnage résoudra finalement cette enquête qui revêt le caractère d’une intronisation dans une confrérie peu recommandable.
    La dernière enquête s’ouvre sur un crime étrange qui laisse le lecteur espérer une suite à ce livre.
    Ce Stratton est sympathique même si sa moralité est à discuter : il pourrait être le cousin de Rastignac tant sa volonté d’arriver est énorme .
    Il y a du Perry et du Conan Doyle dans ce roman avec une touche d’Oscar Wilde.
    C’est bien écrit et intriguant à souhait : un bon moment de détente avec ce roman policier sans effet superflu.

  3. Nous sommes à Londres, en 1931 soit à peine deux ans après le terrible crash boursier. Le narrateur, Freddy Stratton est un homme que l’on peut qualifier d’atypique. C’est un employé de banque qui a la trentaine mais qui fait déjà beaucoup plus vieux que son âge et qui lorsqu’il sourit a l’air d’un tueur en série.
    Freddy est le genre d’homme que l’on cherche à fuir la plupart du temps: hautain, solitaire, il n’aime personne et dénigre tout. C’est un homme qui s’ennuie et qui fouine partout afin de découvrir des mystères à élucider tels un Sherlock Holmes (j’ai aimé les nombreuses allusions à ce dernier). Il va nous raconter comment il a démasqué une femme avide, déjoué un trafic d’œuvre d’arts et percé à jour une société secrète et dangereuse.
    L’auteur nous fait découvrir à travers sa plume l’ambiance des années 30 où les bourgeois cherchent à conserver leur argent malgré la crise et où les nouveaux riches font leur apparition. Nous découvrons aussi la ville de Londres de cette époque.
    L’ambiance de ce roman est très noire car tout est décrit (personnes et objets) par un narrateur ayant les idées noires. Je n’ai pas réussi à apprécier cette homme qui est pourtant à la qualité d’être franc (un peu trop même) : il n’hésite pas à dire ce qu’il pense dans le but de blesser parce qu’au fond il se fiche des autres. Il va tout de même finir par aider quelques personnes mais parce qu’elles lui font pitié et va aller jusqu’à entamer une relation amicale.
    Pour ceux qui connaissent la série télévisée Sherlock avec Benedict Cumberbatch, c’est le même personnage : mêmes réflexions, même comportement et même besoin de chasser l’ennui en résolvant les mystères.
    J’ai été un peu déçue par la rapidité avec laquelle Freddy Stratton résout les enquêtes mais cela vient de moi car avec les nouvelles je reste souvent sur la faim.
    Je conclurai en vous disant que Lucille Cottin nous a livré ici un polar original que je vous invite à vite découvrir.

    Ma note : 4/5

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