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Interview de Jennifer Simoes (Asphalte et Blanches Baskets)

Suite à la sortie d’Asphalte et Blanches Baskets, l’Arlésienne est partie à la rencontre de son autrice, Jennifer Simoes.
Bonjour Jennifer, et merci d’avoir accepté de répondre à nos questions ! Pourrais-tu te présenter pour les lecteurs qui ne te connaîtraient pas encore ?

Je suis une petite fille blanche issue de la classe ouvrière avec tout ce que cela suppose de rêves et de combats : les études hésitantes, le doute permanent, une création portée par la rage.

Tu viens de publier ton premier roman, Asphalte et blanches baskets. Que raconte-t-il ?

Il parle de résilience. Le personnage principal, Carmen, se débat dans un quotidien très banal fait d’ennui, de renoncements et de petites humiliations.

Il lui faut chercher très loin au fond d’elle la matière nécessaire à une vie meilleure. Finalement, c’est une certaine idée de la culture qui lui permettra de prendre son envol.

Dans quel contexte as-tu écris ce roman ? Répond-il à une situation particulière ?

Je l’ai écrit entre 2014 et 2016, sous tension comme l’exige l’époque.

Je crois qu’il répond à une angoisse et une impatience grandissante en Europe, mais aussi dans le reste du monde. L’envie de rebattre les cartes quoi qu’il advienne parce que le statu quo n’est plus envisageable.  C’est un point de rupture, entre un monde plus beau ou une pente glissante.

Par certains aspects, Asphalte et blanches baskets ressemble à l’Art de la fuite. En quoi Carmen est-elle différente de Maria ?

Peut-être par le propos politique qui sous-tend le récit…

Je dirais que Carmen est plus moderne, plus « minérale », plus virile que Maria. J’ai voulu délester ce personnage des attitudes et des réflexions féminines auxquelles on a trop souvent droit. On se focalise trop sur le genre. Un ami m’a avoué qu’il avait eu du mal à s’identifier à un personnage dans le livre car les hommes sont trop effacés… Je trouve ça dingue. Le genre n’a jamais empêché que je me reconnaisse en Vernon (Vernon Subutex de Virginie Despentes) ou en Clay (Moins que zéro de Bret Easton Ellis).

Habituellement, quel genre de romans lis-tu ? As-tu des auteurs fétiches ?

Beaucoup d’Américains (du nord et du sud) et d’Européens. Ce sont souvent des romans ayant une portée sociale, anticipatifs ou ultra-réalistes.

Des auteurs fétiches, j’en ai des tonnes. Je dirais Céline pour le style et l’émotion, Zweig pour le talent de conteur, Joyce Carol Oates et Hemingway pour la force brute, Fante pour la tendresse… Mais s’il fallait en choisir deux, pardon pour ce manque cruel d’originalité, je dirais Camus et Orwell.

Quels sont tes projets d’écriture ?

Une dystopie en cours, puis un essai en trois tomes sur l’Europe…

Un petit mot pour tes lecteurs ?

Lisez. Apprenez. C’est la condition première de la liberté.


Habitation à Loyer Modéré : rêve des années 70 ; comme la paix dans le monde, le sexe libre et le pouvoir des fleurs. N’intéresse plus personne ; est relégué à la marge.
C’est la vie de Carmen : entre lino et panneaux de fibres vernies.
Quand elle quitte son appartement, elle retrouve les mêmes odeurs, la même absence de signifiant, dans les locaux du groupe transnational qu’elle est chargée de dépoussiérer.
Ce n’est pas l’idéal – pas la moitié d’un rêve – mais c’est ce qu’elle a trouvé de moins contraignant dans la vie.
On ne lui demande pas son avis, on ne la sollicite pas.
Elle peut se contenter, d’où elle est, de regarder le monde s’effondrer.
Et tant pis si ses muscles se délitent, si la javel raidit ses vêtements, si ses mains sont aussi rugueuses que celles d’un travailleur détaché.
Ça les rend fous, les gens qui la connaissent ! Rim surtout, la seule amie qui soit restée et qui témoigne de son âge d’or – de sa gloire d’étudiante passée. Elle voudrait la voir sortir, s’ouvrir, chercher un emploi à sa mesure… 30 ans, c’est le moment ou jamais pour commencer une carrière ! Pourquoi se gâcher ? Pour quelle raison sensée refuser une place offerte dans ce monde ?
Elle aimerait aussi que Carmen quitte cet homme qui la maltraite depuis des années déjà…
Mais l’espoir a déjà tellement déçu… Est-il possible de croire à nouveau ?

 

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J’étouffe dans un bureau, prends des sueurs froides contre la machine à café, ne sait pas me servir d’Excel… Et non merci je ne veux pas apprendre ! Je ne sais pas chanter, ni danser. Je ne joue d’aucun instrument car je n’en saisis pas le langage et pourtant je les aime ! Je parle plusieurs langues mais je suis incapable de traduire un texte sans me l’approprier, l’interpréter et créer tout un monde autour des quelques mots qu’on me demande de dénaturaliser.

Bref, c’est donc en toute logique et parce que je n’étais adaptée à rien – ou devrais-je dire à tout – qu’après des études de langues et de journalisme je me tourne vers la littérature. Parce que la vie ne suffit pas, comme l’a dit Pessoa, et qu’il me faut d’autres mondes, d’autres lieux, un univers infini, pour dessiner des vies parallèles ! »

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