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Interview de Jonathan Itier (septembre 2015)

A l’occasion de la sortie de la nouvelle édition d’Un domestique, nous vous proposons de redécouvrir l’interview de son auteur.

Votre nouvelle « Un Domestique » est la meilleure vente du mois et a atteint la première place du classement Numilog. Quel effet cela vous fait-il ?

Je suis très agréablement surpris par le petit succès d’ « Un domestique ». Avant toute chose, cette nouvelle incarne ma première tentative pour exister en tant qu’auteur. J’aime croire que c’est encourageant pour la suite…

Dans quel contexte avez-vous écrit cette nouvelle ?

Le contexte d’un jeune homme issu de la couche moyenne en voie de déclassement. En ce qui concerne le contexte de ma nouvelle, mon personnage est un noble ruiné au service d’une petite bourgeoisie de province. Toutefois sa culture et son goût du Beau et du Bien lui permettent de vivre la tête haute. Il est partout « dans les fers » comme dirait Rousseau, mais il est libre tout de même. J’aimerais pouvoir accepter ma situation avec la même aisance !

Votre récit s’inscrit dans le genre du polar. Êtes-vous un familier du domaine ?

Je ne suis pas du tout un familier du domaine comme vous dites, mais je reconnais au polar cette qualité d’être un des derniers genres littéraires à vocation sociologique sérieuse –cette sociologie comme « sport de combat ». Je pense notamment à Denis Lehanne : cet ancien éducateur pour enfants maltraités, chauffeur de taxis, livreur, libraire, figure pour moi comme un des modèles vivants du romancier dit « réaliste » -ce qui pose d’ailleurs tout un tas de problèmes lorsqu’on sait ce qu’est le roman (son histoire et sa raison d’être…), et ce qu’il a donc fini (logiquement) par devenir…

Quelles sont vos lectures habituelles ?

Je lis et relis beaucoup Balzac, Tolstoï, mais également des auteurs du XXème siècle comme Houellebecq, Garcia Marquez, Yourcenar, Hamsun, Malaparte. Les essais de philosophie politique, la sociologie et l’histoire des religions sont également de grandes sources d’inspiration et de réflexion pour mon travail.

On sait que c’est secret, mais quels sont vos prochains projets d’écriture ?

Ma prochaine nouvelle parle d’un communiste, d’un catholique et d’une prostituée sous le règne de Franco. Mais j’attends encore le feu vert de l’Arlésienne !

Nous remercions Jonathan Itier pour avoir accepté de répondre à nos questions !


Je suis né dans une clinique de la banlieue parisienne. Tout comme les adultes adorent en inventer, les enfants adorent les écouter pour s’aduler, se combattre, voter, s’impliquer, simplifier… Les histoires sont ma petite contribution à l’effort collectif de vie. Si tout ce qui est humain se condamne –et c’est peut-être la faute à son essence même- à régner ou à servir, la littérature est ce geste d’amitié salubre dans le désastre, de la main de l’un à l’épaule de l’autre ; pour le lecteur et l’auteur, c’est donc la consolation d’être entendu, mais de loin en loin, parce que la pudeur nous oblige.

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