Publicités
Les dernières niouzes

Fuck you la mort ! de Stéphane Monnot

On s’amuse bien ici-bas, étage moins un, on se chamaille, s’insulte, disserte, cogite et flirte. Il y a le temps faut dire… l’éternité. Parait même que certains ont le privilège de remonter afin de se balader dans la fraîcheur des cyprès.
Paraît même que certains cherchent des solutions pour briser leurs chaînes invisibles…

Ma voisine s’appelle Eurydice. C’est complètement atypique, grec ancien, tout ce qu’on veut comme prénom, mais c’est joli. On a le même âge. Nous papotons souvent le soir venu quand l’endroit devient plus calme, que le soleil s’est engouffré derrière les grands cyprès, que les petites vieilles ont remballé pelles, râteaux, balayettes, qu’elles en ont fini de leurs sempiternels travaux de jardi-déco-entretien-nettoyage, que tout est nickel dans les allées sur la terre comme au ciel et surtout dans leurs caboches fripées. L’esprit serein pour Des Chiffres Et Des Lettres… consonne… voyelle… voyelle… consonne… voyelle.

Eurydice, c’est son mari qui l’a tuée. Une connerie à base de jalousie parce qu’elle venait de lui annoncer qu’elle le quittait pour un autre. Il n’avait même pas la fausse excuse d’être bourré. Vu sous cet angle, on pourrait croire que c’est elle la salope, la méchante de l’histoire, mais la vérité c’est que cette ordure lui pourrissait l’existence depuis des années, qu’il la battait, l’humiliait, la trompait avec des filles du bureau alors qu’elle était coincée dans cet appart, rutilant certes, mais quasi carcéral, à faire le ménage, la cuisine et la vaisselle puisque, comme il le répétait souvent, elle n’était bonne qu’à ça… et aux affaires horizontales. Un beau fils de pute ouais !

 

Achat :

Lecture en ligne :

Extrait :


Stéphane Monnot écrit des nouvelles plus ou moins longues, des chroniques musicales ou littéraires chez Benzine Mag, joue de la guitare dans divers endroits (Saint Léonard, The Barbershop, Soleil Cherche) et fait la fourmi dans le monde réel.

 

 

A lire également sur l'Arlésienne :

1 Comment on Fuck you la mort ! de Stéphane Monnot

  1. Le narrateur est mort. Accident de la route, mort violente. Eurydice, son mari l’a tuée, il y a de nombreuses années. Il est en prison depuis un bon bout de temps et s’apprête à sortir incessamment sous peu. Au cimetière, il y a aussi des gens peu fréquentables comme Jacques, un sale type, c’est le crabe qui l’a dévoré. Il y a aussi Madine, centenaire qui prône, même là, la suprématie de la race blanche. Une intégriste du blanc. Son mari, ancien collaborateur, est mort à Dachau. Les nazis l’on pris pour un juif. Il y a une justice quelque part, il faut croire.

    Mais pourquoi certains arrivent à s’extraire de la fosse et franchir le mur dressé entre les deux mondes, celui des vivants et celui des morts? Le narrateur a ce pouvoir mais pas ses voisins.

    « Froids comme la pierre, nous sommes allongés l’un à côté de l’autre. Séparés par un humus bien gras et riche de tous les corps décomposés au fil des siècles et des histoires qui vont avec »

    Je ne suis pas une inconditionnelle des nouvelles, je préfère quand il y a plus de pages. Mais lorsque l’écriture est belle, et c’est le cas avec Monnot, on se dit « Voilà, c’est, court, simple et efficace ». Dans Fuck you la mort!, il y a de l’humour plutôt noir, un peu de surnaturel, on y parle de la Mort et de ce qu’on devient après. Est-ce que tout s’arrête ? Il semblerait que non.

    La nouvelle est éditée aux éditions l’Arlésienne, spécialisée dans le livre numérique francophone. Je jetterai un oeil sur les textes édités par cette jeune maison d’édition car si ils ont la qualité d’écriture de Stéphane Monnot, je suis preneuse.

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :