Publicités
Les dernières niouzes

Jeux de… Jeux de vilains, de Paul G. Sergeant : Le retour de bâton (Extrait en ligne)

« Qui que vous soyez, quels que soient votre âge et position sociale, vous serez condamné à la subir.
Certains la redoutent, la craignent à en devenir malade, tellement elle est présente dans tous les actes et événements quotidiens. D’autres la souhaitent comme une libération, ils la considèrent souvent comme la récompense suprême. De plus fous ou de plus sages l’honorent et la fêtent pour en faire une compagne acceptable, car ils savent qu’elle est le sel d’une vie, le piment qui les motive, le je ne sais quoi qui fait que les hommes se surpassent, pour tenter de rester dans les mémoires universelles.
Alors, faites comme eux, jouez avec elle, narguez-la sans scrupule, riez d’elle, même avec elle. Je vous assure qu’elle sera ainsi plus douce pour vous.
Adieu, cher lecteur. »

Avec jeux de…. Jeux de vilains,Paul G. Sergeant signe un recueil de nouvelles riches et très variées (il touche en effet tous les genres littéraires) et marque son lecteur par sa plume délicate, poétique, aux tonalités d’un Simenon.

Dans l’une des chambres du Memorial Advisen Hospital de Tallahassee, deux infirmières s’occupaient de Martin Maxwell. Elles rehaussaient ses coussins, préparaient des médecines qu’il devait prendre avec précaution. Puis, après lui avoir donné un verre d’eau pour avaler ses cachets, elles le laissèrent seul dans la chambre.

Martin Maxwell était un homme âgé d’une petite soixantaine d’années, aux traits rudes. Son visage, rendu rond par l’effet d’un crâne complètement chauve, était triste, d’une tristesse sans espoir. Martin déglutissait, ravalant autant sa salive que la rancune qu’il portait à d’anonymes invisibles, responsables de son état. Martin jeta un dernier coup d’œil vers un article de journal : « Red on Orange » et lâcha un « bâtards » plein de rage.

Énervé, contrarié, il se leva du lit et se dirigea vers la fenêtre de sa chambre. Le soleil caressait, par intermittence, les vitres. Le responsable : un vent doux faisant flotter, dans la cour de l’hôpital, dressé sur une hampe, un large drapeau américain qui agissait comme un volet alternatif. Martin cligna des yeux pour ne pas être ébloui par l’astre roi et fixa un instant l’étendard.

« Ils étaient tous là, réunis dans la caserne décorée de drapeaux, de lanternes en papier bleu, blanc et rouge. Ils avaient tous ciré leurs pompes, lavé leur tenue militaire, sorti leur panoplie rutilante de médailles et graissé, pour certains, leur chaise roulante supportant un corps handicapé à vie. Un gradé d’opérette, un général anciennement planqué, ganté, le visage rude, la poitrine de sa veste bleu marine garnie d’un patchwork de médailles diverses, déclama :

(…)

 

Achat :

Lecture en ligne :

Lire un autre extrait :


Paul G. Sergeant est issu de l’univers de la télévision.

Il y a travaillé durant 20 ans, comme assistant réalisateur, puis comme réalisateur TV. Il anime également des ateliers d’écriture. Jeux de… Jeux de vilains est son premier recueil de nouvelles publié aux éditions l’Arlésienne.

 

A lire également sur l'Arlésienne :

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :