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Jeux de… Jeux de vilains, de Paul G. Sergeant : Le chienchien à son pépère (Extrait en ligne)

« Qui que vous soyez, quels que soient votre âge et position sociale, vous serez condamné à la subir.

Certains la redoutent, la craignent à en devenir malade, tellement elle est présente dans tous les actes et événements quotidiens. D’autres la souhaitent comme une libération, ils la considèrent souvent comme la récompense suprême. De plus fous ou de plus sages l’honorent et la fêtent pour en faire une compagne acceptable, car ils savent qu’elle est le sel d’une vie, le piment qui les motive, le je ne sais quoi qui fait que les hommes se surpassent, pour tenter de rester dans les mémoires universelles.
Alors, faites comme eux, jouez avec elle, narguez-la sans scrupule, riez d’elle, même avec elle. Je vous assure qu’elle sera ainsi plus douce pour vous.
Adieu, cher lecteur. »

Avec jeux de…. Jeux de vilains,Paul G. Sergeant signe un recueil de nouvelles riches et très variées (il touche en effet tous les genres littéraires) et marque son lecteur par sa plume délicate, poétique, aux tonalités d’un Simenon.

– Vas-y Filou !

Dans une course effrénée, le doberman s’élança sur le bitume. Il se dirigea tout droit vers l’homme gras qui attendait que le signal « piétons » passe au vert. Les voitures allaient à vive allure, mais le chien allait encore plus vite. Dans sa course, il grogna, rugit et agressa l’obèse apeuré. Devant une telle furie, l’homme tenta de fuir, d’éviter les crocs de la bête sauvage. Les pattes en avant, reposant sur la bedaine du gros lard, Filou lui montra les dents. Une dernière pulsion, un dernier grognement et l’homme perdit son équilibre puis tomba sur la chaussée. Une voiture arriva en trombe et ne put l’éviter. Le freinage en catastrophe, le crissement des pneus, le braquage des roues : rien n’y fit. Le véhicule grondant déchiqueta la victime désignée. Comme il avait apparu, le chien disparut. Aussi rapidement. Laissant aux badauds le soin de constater son œuvre.

La jeune femme, élégamment habillée, monta dans la cage d’ascenseur en verre. Machinalement, elle appuya sur le septième bouton puis se tourna vers la paroi vitrée et transparente qui lui permettait de voir tout Paris à ses pieds. L’ascenseur s’éleva aisément puis stoppa au quatrième étage. Surprise, la jeune femme se tourna vers les portes qui s’ouvraient : pas de voyageur lors de cet arrêt intempestif. Elle haussa les épaules et appuya sur le bouton de fermeture des portes.

– Vas-y Filou !

Filou pénétra dans la cabine et montra ses dents à la belle effarée. Les portes se fermèrent aussitôt. Malgré ses cris de détresse, la jeune femme n’échappa pas à son destin. Au septième étage, quand les portes de la cabine s’ouvrirent à nouveau, Filou fila entre les pattes des usagers qui attendaient l’engin élévateur. D’autres cris d’effrois furent poussés, soulignant la sauvagerie avec laquelle Filou avait meurtri la jeune femme. Mais déjà, le chien dévalait les escaliers de service et disparaissait aux yeux des témoins choqués.

– Taxi !

Le chauffeur avança lentement vers le client qui l’avait hélé et la porte arrière s’ouvrit. Instinctivement, le conducteur se retourna pour accueillir son client.

(…)

 

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Paul G. Sergeant est issu de l’univers de la télévision.

Il y a travaillé durant 20 ans, comme assistant réalisateur, puis comme réalisateur TV. Il anime également des ateliers d’écriture. Jeux de… Jeux de vilains est son premier recueil de nouvelles publié aux éditions l’Arlésienne.

 

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