Publicités
Les dernières niouzes

Tante Mag, de JF Kogan

Magali est la tante du narrateur du vide-sanitaire. Cette femme semble avoir, de prime abord, tout pour plaire : c’est une créature sublime.
Une créature, oui. C’est le mot. Car Mag ne fait pas franchement partie de notre monde. Sa tête est ailleurs. Perpétuellement absente, son activité favorite consiste à longer les murs. Elle est indifférente à la mort de sa dame de compagnie, sauvagement assassinée (mais par qui ?), à son mariage, à ses enfants. Ce n’est pas de sa faute pourtant ! Mag est une sorte de coquille vide, un merveilleux coquillage.
Découvrez une biographie touchante et originale, portée par une plume peu ordinaire !

Mère de mon père, femme cultivée, chimiste renommée et professeur dans les grandes écoles du Quartier Latin, elle avait trouvé exotique d’épouser dans les années vingt Vladimir Krovopouskov, un bel exilé des faubourgs d’Odessa qui avait échoué à Paris sans le sou, jouant de son charme et de l’illisibilité de ses papiers pour gravir en France le plus possible d’échelons, jusqu’à passer pour une sorte de prince que les jeunes bourgeoises s’arrachaient dans les soirées huppées du Tout-Paris de l’époque.

Il devait avoir de la gueule, Grand-Père Vlad, frimant sur sa grosse moto avec side-car ou fonçant hilare en zigzag, dépassant tout le monde au volant de la Buick Sedan qu’il retapait lui-même à coups de jurons russes, ou encore grand seigneur un peu ivre des trottoirs chics, une fille ravie à chaque bras, faisant au culot de bruyantes apparitions à l’Opéra ou dans les vernissages pour vivre sa vie raffinée de pique-assiette et de trousseur de femmes.

Quelle mouche l’avait piqué, lui, d’épouser Alice Charles ? Un désir soudain de se reproduire ? Un serment de lendemain de cuite sévère aux Gobelins ? En tous cas, il n’était pas tombé sur n’importe qui. Elle non plus.

 

 

Achat :

Lecture en ligne :

Extrait :


 Jean-François Kogane est musicien, motard et fendeur de bûches.

»Je suis né un an avant la mort de John Fitzgerald Kennedy, et le pur hasard a fait que je porte les mêmes initiales que lui. C’est notre unique point commun. Je suis avant tout musicien, auteur-compositeur et accompagnateur, guitariste et contrebassiste. Je nourris depuis toujours une passion pour l’écriture, la poésie, la littérature. Je vis à la campagne. Je dois être un homme tourmenté qui tente de trouver l’équilibre grâce à la création artistique : parfois ça marche (pas toujours, mais des fois oui…) »

Related posts:

3 Comments on Tante Mag, de JF Kogan

  1. L’auteur nous offre ici une nouvelle retro bourrée d’humour noir qui présente des personnages, membres d’une famille un peu particulière : un grand père russe frivole, une grand-mère sans instinct maternelle, un fils qui a préféré partir vivre avec une fanfare et surtout une tante souffrant d’une maladie non nommée (certainement de l’autisme).
    Cette jeune femme, qui se nomme tante Mag (mais ça vous l’avez compris) a toujours vécu dans un monde à part, s’intéressant principalement à la découverte des rues de Paris. Après quelques années de vie aussi ordinaire que possible, elle va connaitre une fin assez horrible selon moi.
    L’auteur arrive à harponner le lecteur dés la première phrase grâce à un style dynamique et drôle. Ses personnages sont bien décris et on se les imagine sans aucune difficultés.Il s’agit d’une nouvelle courte mais très bien construite. Du coup on ne reste pas sur notre faim quand vient la fin.

    Ma note : 5/5

  2. Le narrateur dresse la biographie de sa tante Mag, une jeune fille qui vit dans son propre monde depuis son enfance. Avec un père disparu et une mère qui la délaisse au profit de son nouvel emploi, elle trouve une figure maternelle en la personne de sa préceptrice. Si elle ne s’adonne toujours pas aux mêmes activités que les enfants de son âge, elle noue une véritable relation avec elle. Mais quand la femme est assassinée, Mag se terre dans son silence : son esprit semble à mille lieues de notre monde. Le regard inexpressif, elle voue une véritable admiration aux murs. Son comportement semble parfois enfantin, comme si elle était restée bloquée au moment du traumatisme. Aucune des expériences de sa « vie d’adulte » n’y changera rien…

    L’auteur propose un personnage atypique et soulève beaucoup de questions sans réponses : pourquoi est-ce son neveu qui dresse son portrait ? Qu’est-il arrivé au père ? Quel est l’assassin de la préceptrice ? Quelle est la maladie dont Mag souffre?

    L’auteur fait plusieurs bonds dans le temps pour résumer sa vie en quelques pages. Des événements inattendus et soudains ravivent notre attention tout au long du récit pour nous mener à un dénouement soudain et inattendu.

  3. L’extrait : « Mag longeait les murs avec joie, suivant des yeux le fil des blocs de pierre, ouvrant et fermant la bouche en admirant les interminables alignements de fenêtres aux immeubles, épiant furtivement le flot interrompu des véhicules … »

    Née de l’alliance d’un fantasque russe et d’une éminente professeure de sciences, Magali (tante Mag pour le narrateur) est une jeune femme qui ne veut pas grandir. Discrète, gentille elle arpente les rues d’un Paris d’autrefois en souriant au monde. Mais sa beauté la rattrape et la soumet à un environnement anxiogène jusqu’au jour où Pierre-André, brillant étudiant de sa mère, la demande en mariage.
    Une nouvelle vie commence alors faite de petits bonheurs et d’un grand événement.

    Dans cette étonnante nouvelle, JF Kogan nous fait partager avec talent l’étrangeté de la vie de Mag, son irrésistible insouciance. La langue est belle, le texte séduisant, le style captivant. Une nouvelle qui fait du bien en ces temps troublés.

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :