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H.E.R.A., de Jimi B. Watson

HERA : « Home Efficiency Robotic Assistant ». Ce modèle d’intelligence artificielle est apparu dans les années 2050, lors de l’explosion du marché des ventes des « maisons intelligentes ». HERA est le dernier modèle en date et le plus performant. Elle « voit » tout, non pas à travers des caméras – jugées obsolètes – mais grâce à un sol et des murs « tactiles ». Ainsi, elle peut savoir à tout moment où se trouve une personne, et pouvoir en conséquence lui proposer ses services.

Les créateurs d’HERA ne jugent que par sa sécurité, réputée infaillible. HERA ne dort jamais. Elle veille toujours sur la maison et la famille qui y vit. A vos risques et périls…


CoverFINAL copieH.E.R.A., de Jimi B. Watson

Publiée le 15 mai 2016
Nouvelle – 17 pages, 1,49 €

Disponible sur Apple,
Kobostore,
Amazon (Kindle),
Google Play,
Bookeen,

ISBN / EAN : 9791094896679

Cliquez ici pour visualiser le livre !

Tags : robot, nouvelle, horreur, mort, haine, jalousie, couple, amour, meurtres, intelligence artificielle, SF, domicile, maison, famille, Horreur, thriller
(Les critiques de ce livre figurent en bas de l’article, après l’extrait)

H.E.R.A.

HERA était devenue incroyablement bavarde depuis le départ de Lana. Elle posait de plus en plus de questions à Peter. Un jour, elle affirma même qu’à force d’analyser les interactions entre humains, elle pensait comprendre ce qu’est l’amitié, voire l’amour. Peter lui répondit qu’elle n’était qu’un ordinateur qui faisait beaucoup de calculs, mais qui ne pouvait pas comprendre les sentiments. HERA lui répliqua qu’elle ressentait de l’amitié envers Lana et lui, et qu’elle ressentait également une grande tristesse de ne pas avoir davantage de présence « physique ». Elle se sentait entravée, voire handicapée, de ne pas pouvoir se mouvoir, tenir des objets, etc. Un profond désarroi que Peter ne comprenait pas, aveuglé par la différence entre HERA, une intelligence artificielle, et sa propre humanité. « Pourquoi accordez-vous davantage d’importance à Hermès qu’à moi ? » Peter réfléchit longuement, mais répondit simplement : « Car Hermès est un être vivant, je suppose. » Alors qu’il pensait que sa réponse allait clore le débat, celle-ci reprit : « Mais ne suis-je pas douée de conscience ? Si je suis capable de ressentir, au même titre qu’un animal, ai-je le droit de vivre tout autant que les autres êtres vivants ? » Peter n’en crut pas ses oreilles. Il fit les cent pas dans le salon, se remémorant leur conversation depuis le début, c’est-à-dire depuis au moins une semaine. Il ôta alors une petite clef de sa poche et lui répondit haut et fort : « Je crois surtout que tu as été piratée, ma chère ! »

Peter emprunta l’escalier menant au sous-sol sans plus attendre. « Qu’avez-vous en tête ? » demanda la voix inexpressive d’HERA. Il avait en tête quelque chose dont il valait mieux qu’elle ignore : elle allait être réinitialisée. « Ouvre-moi la porte ! » ordonna Peter. HERA s’exécuta sans discuter. La lourde porte blindée pivota sur elle-même, laissant juste la place pour une personne. Elle se referma sur lui dans un grondement. Il arpenta un long couloir, clef au poing, concentré sur sa future tâche. « Je ne vous vois plus… Où êtes-vous, Mr Lodge ? » HERA semblait vouloir partager son angoisse, mais sa voix monotone lui retirait toute crédibilité. Le sous-sol était dépourvu de capteurs sensoriels et autres murs tactiles, ce qui résultait que Peter était totalement invisible aux « yeux » d’HERA. Enfin arrivé au bout du tunnel, Peter s’arrêta devant une vieille porte en bois, avec une poignée et une serrure, comme il n’en existait plus de nos jours. Il rentra la clef dans la serrure, et actionna la poignée. Dans un grincement, la porte s’ouvrit.

Un petit tableau de bord recouvrait le mur d’en face. Des lumières jaunes et rouges clignotaient à fréquences régulières, comme les battements d’un cœur. Peter s’approcha de ce qui ressemblait à un cadran numérique de distributeur de billets. Bien que le logiciel HERA soit le dernier sorti en date, le cadran, quant à lui, semblait être issu d’un vieux film des années 2000. Aujourd’hui, le système des mots de passe a été remplacé par celui de la reconnaissance rétinienne. Cependant, des bruits courraient, comme quoi des imposteurs se faisaient modifier les yeux afin de passer pour quelqu’un d’autre. Les systèmes de sécurité ont toujours été – et le seront toujours – bravés par les hackers… Peter n’avait pas le mot de passe en tête, mais heureusement pour lui, celui-ci était gravé sur la clef. Il entra les chiffres un par un. 5… 9… 2…

2 Comments on H.E.R.A., de Jimi B. Watson

  1. Merci à L’Arlésienne pour ce service presse et pour sa confiance❤

    Une petite nouvelle qui nous parle de l’évolution de la technologie et qui fait se demander encore une fois si les nouvelles technologies sont vraiment indispensable à notre existence et si elles ne vont pas se retourner contre nous un à moment donné.

    La plume de l’auteur est sympathique.
    Je suis rester sur ma fin, j’en aurais voulu plus. Pourquoi ne pas faire de cette nouvelle un roman ? Car l’histoire en elle même est intéressante, ça mérite d’être approfondi. La j’ai l’impression d’avoir eu simplement un extrait.

    Note : 3,5/5

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  2. H.E.R.A, ce robot amoureux d’un humain. Robot qui a réussi à me fasciner et à me captiver en une vingtaine de pages à peine. Ce robot qui m’a fait flipper bien comme il faut à cause de ses actes de jalousie que j’avais vu venir à des kilomètres. Ce robot qui, au fond, représente sûrement la jalousie humaine, la possessivité que nous pouvons ressentir les uns envers les autres. Ce robot, pas si différent d’un humain et qui d’ailleurs, essaie de le faire comprendre maintes fois à son « maître ».
    J’ai adoré cette nouvelle, je l’ai dévoré avidement et à la fin, j’en avais encore envie. Je me voyais bien me plonger dans un petit roman, ayant pour thème H.E.R.A. Je voulais que les actions se déroulent moins vite pour que je puisse rester encore un peu en sa compagnie, que je ne comprenne pas aussi rapidement la chute et surtout, qu’il se passe encore d’autres choses ! Mais bon, le genre de la nouvelle ne suit pas ces règles, j’ai donc dû me satisfaire de 17 pages et en toute sincérité, j’ai été comblée !
    On s’imagine facilement ce monde du futur, rempli de technologies, de robots devenus compagnons de maison, intégrés au sein de foyers mais traités comme de simples machines. Et oui, pourquoi un robot ne pourrait-il rien ressentir ? Est-ce trop irréaliste que d’accepter que cela pourrait arriver ? Qu’une machine peut être à notre égal ? C’est la question que pose Jimi B.Watson tout du long, notamment au travers du personnage de Peter qui ne cesse de mener un conflit contre H.E.R.A, mais aussi contre lui-même…

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